(26) DrômePoët Laval Jazz

20/07/2018 – Géraldine Laurent Quartet au Poët-Laval Jazz

Jean-Louis Chautemps, grand maître du saxophone que les ainés connaissent, une fois de plus ne s’était pas trompé quand il fit l’éloge enthousiaste de Géraldine Laurent en 2006, dans Jazzman. les prix n’ont cessé de pleuvoir sur cette saxophoniste qui à douze ans passa du piano classique au saxophone ténor pour le Jazz ; prix «Révélation Jazz  à Juan,et le Dango d’or du jeune talent en 2006 toujours, prix « Franck Tenot » ex-aequo avec… Yaron Herman, aux Victoires du jazz! Prix Django Reinhardt  par l’Académie du jazz…

 Géraldine Laurent ne pouvait donc guère nous décevoir ce soir du 20 juillet à Poët -Laval, en compagnie de ses complices, Donald Kontomanou à la batterie, Paul Lay au piano et Yoni Zelnik à la contrebasse. Bien sûr le concert a du déménager, de la magnifique cour des Commandeures de Poët-Laval , où l’orage menaçait, vers la salle des fêtes en contrebas. Mais cette solution prévue depuis toujours  s’est avérée excellente, puisque l’acoustique du lieu, son volume et l’excellente sonorisation nous ont permis de passer un très beau moment.

Et puis surtout, Géraldine et son quartet…! Nous ne recopions pas en entier la belle exergue de Laurent de Wilde sur cette « trés grande musicienne au travail…qui nous emporte au cœur du jazz »…Mais vérifions durant cette soirée la justesse de ces propos, nous ne reviendrons pas sur son intervention magique lors du concert de Rhoda Scott à Vienne cette année. Tout y est : au delà d’une vélocité et d’une technicité ébouriffantes, nous sommes emmenés très loin dans les libertés mélodiques d’un jeu qui glisse du jeu le  » main stream » (cette expression maladroite à défaut d’une meilleure) au « out » quasi free. Et puis la liberté partagée avec ses musiciens est juste ce que nous attendons. Chacun a une place privilégiée de soliste. Bien loin du rôle traditionnel d’accompagnateur. Et les abimes ouverts par le jeu de chacun, participent de cette bousculade dynamique  qui sollicite l’auditeur avec force et l’amène à la jubilation. Odd folk, At work , Another dance, c’est l’occasion de poser les bases d’un concert solide, de chauffer à blanc une salle enthousiaste avec des chorus vertigineux de saxophones et de piano et, c’est l’occasion de danser avec un batteur qui roule et fait entendre le timbre de ses peaux, passe de la baguette à la mailloche pour introduire une splendide ballade.

Les compositions de Géraldine sont rythmiquement et harmoniquement passionnantes ; et Paul Lay au piano s’y délecte. Il nous fait partager leurs couleurs et saveurs. Avec Room number three (les bonheurs de l’itinérance!) et Up to it, nous avons l’occasion d’entendre une longue introduction à la contrebasse, où Yoni, nous offre le meilleur de lui-même… Qu’une salle entière ovationne une introduction de contrebasse est un signe, non ? Et puis, tout bouge et se métamorphose dans cette musique ! Chora Coraçao est aussi un grand moment! Et le bonheur d’un tempo à 5/4 joué avec une telle évidence, aussi dansant! Ovation debout et rappel bien sûr!

 

Déjà plusieurs CD à son actif en tant que leader (Time out trio, Around Gigi, mettant en valeur des thèmes de Gigi Gryce, Looking for Parker, At work, leur dernier né, nous fait  espérer pour cette carrière une veine aussi prolifique. Nous aimons un jazz en « travail », Il ne travaille pas seulement: il produit . Un jazz bien trempé festif, ou l’émotion se déploie dans le ciel le plus serein qui soit.

Géraldine Laurent sera de nouveau dans la Drôme pour Parfum de Jazz, le mercredi 22 août à La Garde Adhémar avec cette même formation.

Ont collaboré à cette chronique :

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