(26) DrômePoët Laval Jazz

21/07/2018 – Robin McKelle : « Melodic Canvas » au Poët-Laval Jazz

Vous n’étiez pas là? À Poët-Laval, à qui Robin McKelle avait accordé l’honneur de sa présence, elle qui sillonne les festivals d’Europe ?

Vengez vous: allez écouter sa version  de What I’d Say aux Victoires de la musique en 2009 (voir ici), ou de I’d rather go blind. Robin Mckelle est au piano Fender. Après une très sympathique communication avec le public, elle se lance. Beau gospel et la voix éraillée et si belle de la chanteuse se libère, expressive et  émouvante à souhait! Son organiste prend la relève au piano et Robin debout se déchaine comme une grande crooneuse qu’elle est ! Pleine de talent et surtout d’âme ! Il y a du Tina Turner, du Janis Joplin et du Aretha Franklin, dans sa voix, et elle a puisé à bien d’autres sources du jazz et de la soul music !

Le public ce soir a vibré, a été chauffé à blanc et ne s’est pas plaint. Les arrangements très funky, sur des tempos binaires (Ecoutez le CD « Heart of Menphis ») pour son quintet  contribuent évidemment à l’efficacité du show. Aux saxophones ténor et soprano, Matt Marantz propose des chorus 110/100 jazz. Et une rythmique de choc nous réjouit pas son efficacité: au piano le belge et sympathique Raphaël de Backer accompagne et improvise avec un très grand talent. On ne peut pas écouter Oscar Peterson et Chick Cocréa passionnément et demeurer sans vocabulaire et sans syntaxe. Le batteur américain Kush Abadey (oh, crazy drummer !) propose des grooves infaillibles et des chorus  à perdre tout autre que Rashaan Carter. Ce contrebassiste en transe, généreux et « héroïque » selon le mot de Robin, dut jouer à la contrebasse quelques thèmes musclés prévus initialement  à la basse, laquelle  s’est ‘égarée quelques part entre deux aéroports en Espagne.

Nous avons particulièrement été touchés par un thème de sa composition Lila, écrite pour une jeune fille et qui évoque les difficultés pour un enfant et adolescent de trouver son propre chemin au milieu d’un univers de communication plutôt invasif. Sa version très originale d’une chanson reprise par Ray Charles, interprétée par Nicoletta, lui a donné l’occasion de chanter pour nous en français Il est mort le soleil. Et surtout nous avons aimé ce qu’elle a fait du célèbre Back to black où Amy Winehouse lance son déchirant « We only said goodbye with words »

Le public s’est déchainé lorsque Robin pour clôturer le concert lui a demandé de se lever, de danser, de scander sa musique, de frapper des mains et de chanter avec elle

 Le temps semble ne pas avoir de prise sur Robin Mckelle.. Nous avions pu la voir à Vienne en 2007 et 2016 et à Marciac en 2008. Et les concerts qu’elle a donné avec Grégory Porter sont vraiment une merveille.

Quelle bonne idée de l’inviter à Poët-Laval ! Son dernier disque moins soul and funky, plus jazzy le justifiait amplement, et l’accueil du public un peu réservé au départ mais debout sur les deux derniers thèmes, a largement justifié ce choix de la programmation

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