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21/07/2018 – Steve Coleman & « Five elements » au festival du Crescent

Nous voilà sorti de la zone de couverture de Jazz-rhone-alpes.com pour nous rendre esplanade Lamartine sur les bords de Saône où l’équipe du Crescent nous propose toujours une programmation de grande qualité, exigeante mais accessible, puis à l’œil.

Il se faisait rare en France ces dernières années le sieur Steve Coleman même s’il nous avait déjà été donné de le voir dans le cadre du regretté A Vaulx jazz, en trio, avec la section rythmique présente ce soir et quelle section, Anthony Tidd et Sean Rickman aka the Rick.

Ce soir viennent se rajouter deux autres éléments, Jonathan Finlayson à la trompette et l’imposant Kokayi à la voix.

Le concept du festival est assez formidable, le concert de ce soir le prouve encore : une musique pointue qui impose une certaine concentration en terme d’écoute, accessible à tous, du promeneur mâconnais aux personnes ayant cochés la date depuis longtemps et venant de loin.

Ce samedi est le dernier jour de programmation avant la master class de dimanche, et nous n’étions pas la veille au concert du gars du cru, un certain Antoine Griezmann.

Steve Coleman lance le set seul à l’alto, avec ce son tranchant qui le rend aisément identifiable ; on lui a souvent reproché une certaine froideur et là il me semble que ce son et ce phrasé, qualifié d’aride et anguleux a gagné en chaleur, semble plus incarné que par le passé. A noter que le public est très concentré et attentif à ce qui se joue sur scène. Arrive en renfort la trompette de Jonathan Finlayson et enfin la formidable paire rythmique. Les Five Elements existent depuis le début des années 80 avec des line up successifs, notamment Reggie Washington à la basse, qui semble avoir pris ses habitudes au Club du Crescent. Nous sommes nombreux à avoir connu Steve Coleman et son groupe dans les années 90 avec les désormais mythiques concerts du Hot Brass.

C’est brillant, des petites cellules musicales qui me semblent relever de la création spontanée se succèdent et s’enchâssent et une attention toute particulière au liant permettant de passer de l’une à l’autre. Cette musique est affaire de flux et de mouvement et Kokayi, époustouflant de flow, de placement rythmique et de créativité est là pour en témoigner. Le concert se termine par une célébration de la clave afrocubaine, Coleman s’étant immergé sur l’île à la rencontre des maitres en la matière.

Nous repartons ravi et presque frustré de ne pas posséder un biniou afin de participer à la leçon du dimanche tant il nous semble évident que cette musique se construit en se nourrissant d’autres formes d’expressions, artistiques, philosophiques et spirituelles

 

Steve Coleman: saxophone alto ; Kokayi: voix ; Jonathan Finlayson: trompette ; Anthony Tidd: basse électrique ; Sean Rickman: batterie

Ont collaboré à cette chronique :

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