(26) DrômePoët Laval Jazz

22/07/2018 – Avishai Cohen’s Big Vicious au Poët-Laval Jazz

Avishai Cohen, le trompettiste
 

Ah, rêver comme un enfant !

L’ « autre » Avishaï Cohen . Celui qui n’est pas contrebassiste mais trompettiste, nous avouons que nous ne l’avions  que très peu entendu avant ce soir. Hormis son désormais connu « Into the silence », où il rend hommage à ce Miles tant aimé, disparu certes ; qui n’est pas réduit au silence tant s’en faut. Nous  l’écoutons aujourd’hui encore avec plus de recueillement que jadis.

Avishaï  lui, en a fait son maître et cela s’entend. L’art ne commence -t’il pas toujours pas le pastiche? (A.Malraux), et nous avons cherché la surprise, la différence qui est la marque de l’artiste.

Sans doute plus de douceur, à travers la trompette bouchée et dans une optique qui a d’abord tourné le dos à la période électrique et funk de Miles. Et beaucoup de place laissée au silence. Une musique qui écoute et s’écoute surtout ; écoutez Dream like a child : un pur bonheur! 

Qui tourne le dos … hum! Mais qui y revient.

Et bien oui, vous n’aviez peut-être pas pu venir à Poët-Laval pour entendre Avishai Cohen, le « big vicious »(???) qui fait moins intimiste, et (cela) joue plus rock, groove appuyé et coloration électrique.

Attention un Avishaï peut en cacher un autre. Son propos est bien servi par ses compères : à la guitare un Yonatan Albalak qui arpège et riffle, deux batteurs réglés et complémentaires (l’un bricole aussi dans le son, les loops…), et passionnants dans leurs décalés (Aviv Cohen et Riz Ravitz), et  Uzi Ramirez, un bassiste qui tente parfois les chorus de guitare. Le  psychédélique  nous emmène dans un univers  riche et coloré. Classicisme « post bop » pour ceux qui aiment les repères? Frime rock pseudo-décadente, pour des enfants errants sans errance. C’est la teuf! Le concert séduit le public par la variété de ces styles, leur « fusion » (le mot est lâché), la métamorphose perpétuelle de ces atmosphères sonores, sur fond de tempi « heavy » et savamment mobiles (les batteurs se passent les grooves, comme des joueurs de tennis la balle), décalés . Et en rappel s’il vous plaît, une p’tite fugue de trompette solo!

 

Alors si voulez encore de l' »énergie », allez écouter Freedom, ou la version de The Mooche (Duke Ellington) sur Youtube! Avishaï est en famille, en compagnie d’ Anat  et Yuvalet Cohen.  La fratrie. Quel régal ! Et c’est encore autre chose.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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