(26) DrômeCrest Jazz Vocal

30/07/2018 – Les Comptes de Korsakoff – Crest Jazz Vocal

Présenté comme un ensemble jazz-rock expérimental, “Les Comptes de Korsakoff” nous transporte aux frontières, dans le désordre, de la narration épique, du jazz et du rock, de la musique en général, du burlesque des Monty Pithon, du fantastique de Tim Burton, de la folie façon Mel Brooks. Au-delà de la dimension théâtrale qui repose en grande partie sur les épaules de Geoffrey Grangé à la basse et au chant, le fond de culture musicale évoque la grande époque des concept albums, avec des réminiscences psychédéliques de Pink Floyd (les interventions lyriques du violoncelle tenu par Marie-Claude Condamin ne sont pas sans évoquer les élans symphoniques d’Atom Heart Mother), la grandiloquence de Ange ou les fanfares de rue de la Nouvelle Orléans.

Si la première partie du set puise dans le répertoire ancien du groupe, la fin s’appuie sur des titres, ou plutôt des suites, qui constitueront l’épine dorsale du prochain album, à sortir d’ici la fin de l’année. Grande nouveauté : les textes, écrits par Marie-Claude Condamin, sont en français, avec pour fil conducteur les situations inconfortables auxquelles chacun est confronté un jour ou l’autre : peurs, questionnements, recherches intérieures, quêtes d’une vie ou d’un âge, …. Les textes sont concis et ne cherchent pas à imposer une histoire ; susurrés, vociférés, chantés ou fredonnés, ils ouvrent des pistes à l’imaginaire puis s’effacent pour laisser place à la musique qui s’en saisit et donne le cap, laissant à chacun la liberté de tirer des bords, faire escale en chemin ou viser droit au but.

Les arrangements sont rigoureux, les musiciens sont vigoureux et il émane de l’ensemble une énergie expansive ; la rythmique joue avec les cadences, mêle binaire et ternaire, redistribue les temps au sein des mesures, les chorus s’envolent, les cuivres scandent jusqu’au paroxysme, pour mieux se dissoudre et s’évaporer dans un dernier souffle qui nous tient en haleine jusqu’au dernier quart de temps.

Les Comptes de Korsakoff : Geoffrey Grangé: basse, voix, compositions ; Guillaume Pluton: trompette et bugle, arrangements ; Diego Fano: saxophones alto et soprano ; Grégory Julliard: euphonium, trombone ; Marie-Claude Condamin: violoncelle, textes ; Romain Baret: guitare ; Christophe Blond: piano ; Quentin Lavy: batterie.

Ont collaboré à cette chronique :

X
X