(26) DrômeCrest Jazz Vocal

02/08/2018 – Trio Barolo Quintet au Crest Jazz Vocal

C’est certainement en hommage à Alexandre Dumas que la formation qui se présente ce soir a choisi son nom. Le Trio Barolo invite le percussionniste Antony Gatta, rencontré au fil de leurs pérégrinations musicales, et le clarinettiste Carjez Gerretsen. Le trio débute le concert dans sa formation originale avec Chacovas, composition de Philippe Euvrard. Tous les ingrédients sont là : Rémy Poulakis (en)chante et siffle avec son accordéon, Francesco Castellani façonne le thème sur du velours, Philippe Euvrard sculpte les lignes de basse.

Antony Gatta entre en scène pour Malahim (les anges), sur un rythme africain, puis c’est au tour de Carjez Gerretsen pour Barolo Nuevo. A l’évocation du grand cru italien, on se laisse entraîner vers une expérience de dégustation du vin nouveau qui contient déjà toutes les promesses d’un grand millésime sous la rudesse de la fermentation toute fraîche et les reliquats de sucre et de fruit, avec en fond un ostinato de contrebasse tout aussi entêtant.

Pour Le ballet des airs, les stagiaires rejoignent la formation ; les chœurs harmonisés subliment la dimension aérienne de la composition et chacun s’essaye à l’improvisation. Francesco Castellani nous sort un chorus de derrière les fagots, émaillé d’excursions délicieusement dissonantes en dehors des gammes académiques. Avec Four rire, épaulé par ses choristes, Rémy Poulakis lâche les chevaux à la voix pour un chorus pétillant comme un Asti. « La musique est notre maison » est le maître mot de Casa Nostra, qui précède Carla, de Francesco Castellini. Tout l’auditoire est suspendu à la clarinette de Carjez Gerretsen qui nous gratifie d’un magnifique chorus d’une grande finesse.

Le trio a ensuite préparé pour l’occasion une suite en trois mouvements : premier mouvement entièrement vocal pour chœurs et voix solistes, suivi de Mare Nostrum, traversée maritime bercée par le chant des baleines, qui nous conduit jusque dans la fièvre du centre de Tirana, avec ses marchés et ses accents balkaniques.

Pour conclure, une adaptation de E lucevan le stelle de Giacomo Puccini nous fait dresser les poils sur les bras sous l’effet de la voix de ténor de Rémy Poulakis. On en redemande, mais la programmation est serrée et il est temps de laisser la place.

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