(26) DrômeCrest Jazz Vocal

03/08/2018 – Youn Sun Nah au Crest Jazz Vocal

Pour cette pénultième soirée, le set de Youn Sun Nah se déroule devant des gradins et un parterre bien pleins. Huit ans après son premier passage, que de chemins parcourus, que de musiciens côtoyés, que de publics enchantés. Depuis la sortie de She moves on en 2017 et ses accompagnateurs américains croisés l’an passé à Vienne, le quartet a évolué. Frank Woeste est aux claviers, Brad Christopher Jones à la contrebasse, Dan Rieser à la batterie et Tomek Miernowski aux guitares.

Toujours aussi souriante, la native du pays du matin calme commence par ses traditionnels remerciements d’une voix toute douce avant que le piano n’entame et que tout le monde n’occupe l’espace sonore d’un premier thème en toute quiétude. Après la présentation des musiciens, Jimi Hendrix est honoré avec Drifting qui nous permet d’assister à un virtuose duel entre cordes vocales et cordes de guitare électrique. Dans Momento magico d’Ulf Wakenius, un scat endiablé et une discrète citation de Summertime répondent à la guitare acoustique. Entamé à la kalimba de la chanteuse, Black is the colour of my true love’s hair s’offre en trio soutenu en ouverture par une délicate contrebasse et de petites percussions pour s’achever de façon plus musclée. Too late permet d’entendre le son du Rhodes. Une longue intro au piano ouvre A sailor’s life dans laquelle la voix est tour à tour soufflée, gémie, fredonnée, incantatoire. Inauguré par une conversation entre contrebasse et batterie, She moves on met en valeur l’orgue, la guitare acoustique et le Rhodes qui entourent le cristal de la voix. La guitare électrique ouvre la voie à un beau moment d’émotion quand sonnent les premiers vers du sublime Hallelujah de Leonard Cohen. Le duo guitare-voix laisse perler quelques larmes sur les joues des oreilles les plus sensibles…

Avant d’entamer le dernier morceau, Youn Sun Nah remercie chaleureusement Laurence Saltiel, présente dans l’assistance, qui fut, jadis, sa prof de chant et anime chaque année l’un des stages de jazz vocal. C’est Jockey full of Bourbon de Tom Waits qui ballade la voix entre le nasillard d’un nez pincé par les index, la puissance d’une diva ou le guttural de l’auteur. Après une méritée standing ovation, « le vrai dernier morceau » est un chant traditionnel coréen, « une chanson d’amour, notre blues à nous » qui parfait cette soirée sous le ciel étoilé juste avant minuit.

Disponible pour son public, Youn Sun Nah prend ensuite le temps de se livrer à l’incontournable séance de dédicaces. La tournée européenne s’interrompt pendant quelques semaines, qui sait : un goût de vacances pour les musiciens et la chanteuse ? N’avait-elle pas conclu par « Merci, merci beaucoup… Passez un bel, pas trop chaud, été ! » ?

 

Ont collaboré à cette chronique :

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