(26) DrômeParfum de Jazz

14/08/2018 – conférence : “Ella Fitzgerald, la diva du jazz” à Parfum de Jazz

Le roboratif cycle de conférences de Parfum de Jazz 2018 est initié par Pierre-Henri Ardonceau qui est loin d’être un inconnu des festivaliers rhonalpins. Membre de l’Académie du Jazz, universitaire, chroniqueur à Jazz Hot, JazzMag depuis plusieurs décennies et probablement d’autres. On l’a croisé dans différents jurys de concours et surtout dans nombre de concerts. Bref un cador du jazz.

Aujourd’hui il évoque une des plus grandes dames du jazz: Ella Fitzgerald (1917-1996) qui deviendra “The first lady of song” puis  “The first lady of swing”

  • 13 Grammy awards
  • NEA Jazz Masters Fellowship (1985)
  • National Medal of Arts (1987)
  • Commandeur des arts et lettres (1990)
  • Presidential Medal of Freedom (1992)
  • Etc…

On le voit les distinctions méritées ont plu sur cette déesse de la voix.

Pierre-Henri Ardonceau avoue sa difficulté devant la tâche : évoquer soixante ans de carrière en une heure et demie. Son intervention se cantonnera donc à nous donner des repères … et des devoirs de vacances

Il commence par évacuer des idées toutes faites :

  • Elle n’a pratiquement jamais chanté de Gospel
  • Il s’étonne qu’une petite jeune fille qui écoutait de la « daube » ait pu devenir cette étoile
  • Elle n’avait aucune addiction hormis aux sucreries ce qui la tuera.

Sa mère décède en 1932 , elle a quinze ans en pleine période « Harlem Renaissance ». L’époque du Cotton Club et du Savoy Ballroom. A l’époque on danse sur du jazz.
(1956 Ella et Louis enregistrent Armstrong Stompin at the Savoy en mémoire de ce lieu mythique.)
Ella gagne son premier concours de chant en 1934 à l’Opera House Harlem à dix-sept ans.
En 1935 elle était fan de Earl “Snake” Tucker et rêvait de danser. Côté chant c’était Arthur Tracy et “Martha” du sirop et les Soeurs Boswell, pas mieux.
À l’Apollo Theater et ses Amateurs Nights elle rencontre Chick Webb qui va devenir son Pygmalion (nain, bossu, immense batteur aussi connu que Cab Calloway à l’époque).
1935 elle a 18 ans I will chase the blues away, elle fait une apparition dans l’orchestre de Chick Webb .
Entre 1935 et 1941 elle enregistre une centaine de titres avec Chick Webb.
1936 Mr Paganini première chanson d’envergure, d’autres suivront comme Mac The Knife, etc. On découvre son talent comme vocaliste et scateuse.
1937 elle enregistre Show me the way avec Chick Webb, c’est révélateur.
1937 elle est classée “première chanteuse de jazz” par le magazine Downbeat, rien que ça !
1938 A tisket a basket premier tube , un million d’exemplaire en plein boom du boogies-woogie.
A 23 ans elle tourne pour Hollywood dans “Ride’em Cowboy” (les deux nigauds) d’Abott et Costello. Un navet limite dégradant. C’est tout ce qu’Hollywood à su faire avec ce diamant noir. Pathétique traquenard!
En 1939 elle reprend l’orchestre de Chick Webb à sa mort. Ça foire. Creux de la vague.
1942 rencontre avec la superstar Louis Jordan ça donne de la variété mièvre, à l’exception de Baby it’s cold outside qui deviendra un standard.
1945 toujours du sirop avec les Ink Spots et une reprise « velours » de I’m beginning to see the light (déjà Duke Ellington).
1945 elle se converti au be-bop, se lie d’amitié avec Dizzie Gillespie.
1947 elle chante My baby likes to be bop elle est déjà la “First Lady of song”, elle se marie avec le contrebassiste Ray Brown et reprend une chanson qui ne la quittera plus How high the moon.
1950 Norman Granz essaie de la prendre sous son aile et arrive à la produire dans “Jazz At The Philarmonic”. Les premiers concerts sans ségrégation raciale dans l’orchestre et le public.
Elle signe en 1955 une exclusivité avec Norman Granz.
En 1955 à Dallas lors d’un gala un sherifaillon les arrête car des noirs jouaient avec des blancs.
Entre 1956 et 1963 elle a enregistre beaucoup de song books : Cole Porter, Gerschwin, …

Elle devient l’amie et la complice des plus grands Basie et surtout Ellington (It don’t mean a thing if it ain’t got that Swing).

Pierre-Henri Ardonceau nous fait écouter tout au long de sa conférence de trop courts extraits de plusieurs chansons à différentes période de la carrière d’Ella. A chaque fois du nouveau et de l’évolution. Un scat divin, inimitable, un swing hors pair, des improvisations géniales. Ella !

On écoute pour finir le fameux The Cricket song à Juan-les-Pins en 1964, une improvisation totale … avec deux cigales. Une merveille.

Ont collaboré à cette chronique :

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