(26) DrômeParfum de Jazz

14/08/2018 – Julie Saury Sextet à Parfum de Jazz

« For Maxim », ce projet est évidemment un hommage respectueux de la fille, de la musicienne à son père, à ce musicien de légende que fut Maxim Saury, clarinettiste émérite qui a été l’une des âmes du jazz français d’après guerre.

Julie Saury arrivant à la musique comme instrumentiste a eu du mal à comprendre comment son père a pu jouer durant tant de dizaines d’années un répertoire qui tournait autour de quelques dizaines de standards toujours attendus par un public fidèle durant de longues années.

Alors comme une sorte d’exorcisme elle s’est « astreint » à rejouer une sélection de ces morceaux parmi les plus joués. Et le résultat est des plus sympathiques : on commence avec un entraînant Sweet Georgia Brown avec tout le monde sur scène : Bruno Rousselet: contrebasse (le frère du contrebassiste vu hier avec Florence Fourcade)Jérôme Etcheberry: trompette ; Philippe Milanta: piano ; Aurélie Tropez: clarinette ; Frédéric Couderc: saxophones (ténor, soprano, slide) et bien sûr Julie Saury à la batterie. Quand on connait un minimum le jazz « mainstream » on mesure notre chance d’avoir ces musiciens sur une même scène. On se cale sur sa chaise et on déguste. Suit  Mopin’ and Boppin’ avec un Fred Couderc qui s’amuse et nous avec, avec un soprano et un ténor, gourmand il en joue » à la Roland Kirk ». Avalon sur un arrangement d’Aurélie Troppez. Stars fell in Alabama avec Fred Couderc et une drôle de flûte traversière coudée, une flûte pour saxophoniste. Jusque là l’ordre de l’album est respecté. Auparavant Frédéric nous aura sorti un instrument rarissime, un slide sax, un swanee sax de 1925, et il a d’autres surprises en stock. Un autre morceau que Maxim a joué tout au long de sa carrière et qui « bassinait » sa fille et qu’elle rejoue par respect en le bousculant quelque peu Basin Street Blues.

Après la pause, reprise du concert avec ce qui aurait dû être premier set. Ils sont comme ça les musiciens à tournebouler l’ordre établi. Back home again in Indiana avec Fred Couderc en soliste. Changement d’équipe pour Together avec Aurelie Troppez et Jérôme Etcheberry, Julie nous présente ce morceau plus comme une chanson qu’un standard. C’est à l’aune de l’ensemble du concert, gai et joyeux et chacun de nous offrir un joli petit chorus.

Arrive LE tube du répertoire, Petite Fleur de Bechet avec un sublime arrangement de Patrice Caratini. Fred Couderc le joue au ténor et c’est magique. Lent, voluptueux, soyeux. Une redécouverte. Déjà sur l’album cela retient le souffle mais en live, quel bonheur! Puis vient un drôle de pari, Julie joue en solo un morceau qu’elle dit avoir toujours aimé Saint-Louis Blues. Pas facile à reconnaître à la batterie seule. Elle est rejoint par Jérôme et Fred ce dernier revient avec des appeaux de tous genres, Jérôme n’est pas en reste et s’amuse avec sa sourdine.

« Nous allons terminer cette soirée avec un morceau que je n’aime pas non plus » nous explique Julie avec malice … et ça sera Crazy Rythm.

Malheureusement pas le temps pour un rappel. Billie Holiday nous attend dans la salle de cinéma et ça ne se fait pas de faire attendre les dames.

Ont collaboré à cette chronique :

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