(26) DrômeParfum de Jazz

15/08/2018 – Conférence « Carla Bley » à Parfum de Jazz

Ludovic Florin est un nouveau venu à Parfum de Jazz, le conférencier est musicologue et maître de conférence à l’université de Toulouse Mirail.
Il a organisé le doctorat Honoris Causa de Carla Bley à l’université de Toulouse.

Ludovic Florin souhaite nous faire prendre conscience de l’incroyable parcours de cette femme autodidacte qui va être aux bons endroits aux bons moments.

Lovella May Borg que l’on connait désormais sous le nom de Carla Bley est américaine née à Oakland en 1936. Son éducation musicale s’arrête a huit ans, la jeune Carla étant harassée par les exigences de son père.

Écoute : Fanfare – Mother of the dead man, une ballade, une musique accessible mais intrigante ni rituelle ni dramatique (cf André Hodeir et « Les formes de la musique »)
Théo Macero lui fait découvrir l’ambiance des clubs de jazz, elle file à New York et devient vendeuse de cigarettes dans les clubs et découvre les Monk, Mingus, Powell,
En 1957 elle rencontre le pianiste Paul Bley, qui fait le lien entre be-bop et free jazz. Première union.
En 1958 ils déménagent sur la côte ouest où il a un contrat de six mois. Charlie Hadden leur fait rencontrer un saxophoniste sulfureux Ornette Coleman. Paul Bley l’engage. Carla les enregistre avec Don Cherry à la trompette, Charlie Hadden à la contrebasse, Ed Blackwell à la batterie, Ornette Coleman au ténor et bien sûr Paul Bley au piano.
Paul Bley enregistre un album « Solemn Meditation » avec la première composition de Carla O Plus One, probablement un jeu de mots avec « Opus ».
Mi-1959 le couple déménage vers la côte Est. En chemin les Bley rencontrent Steve Swallow, Jimmie Guffrie, une fraction de l’avant garde du jazz aux USA. À New York ils rencontrent George Russell un des premiers théoriciens du jazz. Clara s’inspire de ses travaux. Premier album « Live at the 5 Spots ».
Paul Bley décide de ne plus jouer de standards et demande à sa femme de lui composer sa musique.
Jimmy Guffrie crée un trio avec Paul Bley et Steve Swallow et jouera la musique de Carla. Elle développe ce qu’elle appelle des « haïku style », pièces très courtes pour donner de la matière aux musiciens qui s’en emparent et l’adaptent à leur sauce.
1964 : elle intègre le collectif Jazz Composers Guild fondé par Bill Dixon (trompettiste) et le festival de la révolution d’octobre on y retrouve Sun Ra , Cecil Taylor, Archie Shepp, Michael Mantler (trompettiste). Encore une fois au bon endroit au bon moment !
1965 : divorce et union avec Michael Mantler. Création du Jazz Composer’s Orchestra qui prend la suite de la Guild.
1967 : Carla s’éloigne un peu de cette mouvance elle rejoint le groupe de Gary Burton (Larry Coryell, …) qui va être à l’origine du jazz rock avant Miles. Carla Bley va composer et arranger pour le Liberation Orchestra de Charlie Hadden
1968 : elle découvre le concept album des Beatles « Sergent Pepper « qui va la marquer.
1971 : Le monument « Escalator over the hill », elle rencontre Paul Haynes un poète “free”. Elle cumule les styles de musique pour monter cet opéra. Des stars se bousculent dans le studio. Un énorme travail de montage pour cette œuvre qui tient sur trois 33 tours produite par son propre label fondé en 1973.
1977 : elle participe à un album de Nick Mason le batteur de Pink Floyd
1982 : elle fait la BO de « Mortelle Randonnée » de Claude Miller.
1983 : deuxième album du Liberation Orchestra « Ballad of the fallen »
1980 : création d’un sextet pour faire du jazz fusion de l’époque (impact de la boite à rythme)
1988 :  création du big band. Carla Bley revient à de l’écriture de pupitre avec un style très caractéristique « elle marche sur une ligne de crête » nous dit Ludovic. Un gros succès.
1991 : séparation d’avec Michael Mantler et union avec Steve Swallow.
1996 : Album Fancy Chamber Music dont le morceau End of Vienna qui marque la fin de sa démarche d’écriture de musique de chambre entamée au début de la décennie.
2005 : dernière collaboration avec le Liberation Orchestra « not in our name » avec Bill Frisell.

Actuellement elle tourne en quartet Steve Swallow, Jorge Rossi, Chris Chick. Voire en trio.

Deux conseils d’achat : « Escalator over the hill » et en particulier Pony Express et « Musique Mecanique » où « elle joue de ses erreurs ».

Ont collaboré à cette chronique :

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