(26) DrômeParfum de Jazz

17/08/2018 – Michele Hendricks Quintet à Parfum de Jazz pour un hommage à Ella

Voici le pénultième concert du festival Parfum de jazz en Baronnies, dans le théâtre de plein air de La Palun, avec le Michele Hendricks Quintet, en hommage à Ella Fitzgerald.

Michele est tout à la fois une spécialiste de cette immense chanteuse (écoutez son disque , “A little bit of Ella”) et une digne héritière du scat et du bop que pratiquait son père, Jon Hendricks.

Elle a toute légitimité à rendre cet hommage, d’autant qu’elle a été adoubée par le pianiste Tommy Flanagan qui a escorté Ella durant de longues années.

Michele est la seule chanteuse qu’il ait acceptée d’accompagner, refusant systématiquement les propositions similaires d’autres vocalistes.

On démarre le premier set sur un rythme sud-américain, pour une version sans paroles mais en scat endiablé de I got rythm, puis un Comes love, usuellement typique middle swing, transformé ce soir en cha-cha-cha.

On enchaîne avec une composition originale de Michele, qui se rappelait avoir vu aux Etats-Unis des autocollants à l’arrière des véhicules invitant à se servir du klaxon si l’on est heureux, croyant, en vacances etc … alors Honk, if you want it, où la voix de Michele Hendricks se fond en un étonnant unisson avec le saxophone ténor d’Olivier Témime, finit par imiter l’avertisseur des voitures.

Une autre composition personnelle en hommage à ceux qui perdent leur âme dans les drogues, à tous ceux dont les proches ont disparu prématurément, Don’t give your soul away, offre un refrain lancinant et poignant où la mélodie est soulignée par le sax qui part en volutes spiralées.

Ensuite, un beau duo voix/ piano est offert avec le classique Lady be good, nous montrant l’immense talent d’Arnaud Mattei.

I fall in love too easily, sera dédié à Aretha Franklin, “The Queen of soul”, disparue la veille, un morceau bouleversant qui fut popularisé par Chet Baker.

Vient l’inévitable et attendu It don’t mean a thing, où la “bopeuse” prend le dessus avec une jovialité communicative!

Après la pause, Michele interprète deux morceaux de son père I bet you Thought et I’ll die happy, ce dernier initialement écrit pour Louis Jordan.

Michele a l’art et la magie de retravailler les grands classiques, ici How high the moon  qui va subir un traitement superbe et réussi à la sauce reggae en introduction comme en conclusion.

Un duo voix/contrebasse, sur Exactly like you où notre diva va scater imitant l’instrument grave avec une belle dose d’humour, et où Bruno Rousselet va rivaliser d’inventivité.

Puis arrive un Watermelon man d’Herbie Hancock sur des paroles de Jon Hendricks, et Keep going back to J’s, une des ballades favorites de la chanteuse.

Pour finir, le standard Airmail special de Charlie Christian. Michele s’amuse encore une fois à chanter à l’unisson avec le sax, exercice périlleux, maîtrisé et réussi, Philippe Soirat tirant son épingle du jeu en un solo de batterie percutant !

En rappel, Mama, you told me, ode à toutes les mamans dont les conseils sont rarement écoutés … Alain Brunet, trompettiste et président du festival est invité à la barre pour un duo de scat du meilleur effet.

Belle soirée et bel hommage,  !

On en redemande !

Ont collaboré à cette chronique :

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