(26) DrômeParfum de Jazz

22/08/2018 – Géraldine Laurent Quartet “At work” à Parfum de Jazz

De la coupe aux lèvres

 

Il existe des concerts qui défient le bon sens, des concerts qui nous donnent la faculté de saisir quelque chose qui n’existe pas, qui n’est pas dans la matière de la musique, un invisible perceptif qui nous pousse au bien être. Le jazz peut-être un work in progress, un “At work”de Géraldine Laurent au saxophone alto, avec Paul Lay au piano, Donald Kontomanou à la batterie et Yoni Zelnik à la contrebasse.

Au festival Parfum de Jazz, Géraldine Laurent Quartet ? Merveilleux ! La musique nous ravit, elle porte en elle l’ouverture qui permet à chaque musicien de déployer sa réactivé. “On joue ce qu’on entend” dit Donald, et c’est là tout l’apanage des grands musiciens car vu la vitesse des passages encore faut-il pouvoir le faire sans que le public perde le fil de son écoute… La rythmique pleine de sens soutient la profonde intériorité de Géraldine Laurent, elle nous offre des sentiments invisibles. La fureur de Paul Lay, la souplesse forte du contrebassiste, les précisions du batteur nous laissent vif d’impressions.

Il y a des manières de jouer, chacune dépendante des projets, chacune dépendante du moment du concert. Ce n’est comparable à rien puisqu’avant ça n’existait pas, ce qui n’existe pas est invisible, il n’y a pas d’image de l’invisible. Ainsi le quartet nous offre des mots muets avant de l’entendre. Il transforme les textes écrits par Géraldine Laurent. Codas virtuoses où chacun se lance dans l’improvisation: force et souplesse, jeux de torrents provoquent notre écoute. “C’est l’avantage du jazz, son répertoire et les codes d’improvisation permettent à plusieurs musiciens de se réunir spontanément, de dialoguer même sans avoir la même esthétique.” dit Géraldine Laurent.

De la coupe aux lèvres, ce soir le vin est bon !

Ont collaboré à cette chronique :

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