(74) Haute SavoieClermont Jazz Festival

24/08/2018 – Matthew Skoller & Tom Holland Quartet au Clermont Jazz

Jean-François Gojon est tout heureux de retrouver le public fidèle du Château de Clermont pour ouvrir cette vingtième édition. Il nous livre son traditionnel discours inaugural pas si traditionnel que ça en nous évoquant la liste des entités qu’il ne souhaite pas remercier et notamment une certaine presse locale qui n’a absolument pas relayé la programmation de cette vingtième édition. C’est assez rare pour être mentionné.

Il ouvre cette première soirée consacrée au blues sur le quartet de Matthew Skoller tet chanteur et de Tom Holland à la guitare. Ces deux là ont quelques années de pratique ensemble. Ils sont accompagnés par Philippe « Pompon » Scemama à la basse et Pascal Delmas à la batterie.

Le leader arrivé, chapeauté comme il sied, avec l’indispensable gilet porte-harmonicas, et une voix un tantinet nasillarde.
Et c’est parti pour un set 100% blues à la sauce Chicago.

Tom Holland s’installe de suite et donne l’âme du set avec sa guitare. Matthew Skoller sort un petit harmonica. On est dans le bain bleu.

Big box store blues, une chanson dédiée au boîtes (de blues ou de jazz plus généralement) à taille humaine celles où l’on peut chanter du blues « cousu main » loin des chaînes industrialisées genre Hard Rock Café ou similaire.

Matthew nous offre ensuite un hommage au bluesman Lurrie Bell également chanteur de gospel avec The devil ain’t got no music.

Il présente ensuite son nouvel album « Blues immigrant » dont sont issus la plupart des titre du set, et nous indique qu’il est dédié à tous les immigrants et que nous le sommes tous peu ou prou. Un discours angélique comme les affectionnent les Américains qui sont tous déracinés dans leurs gènes. Il instaure pour l’occasion la « Blues Green Card », le « permis de travail du blues » dans le titre éponyme Blues immigrant.
Matthew termine son set avec un autre morceau de son CD (jusque là c’est normal) mais « sweet » limite baveux à souhait. Le CD « Blues immigrant » a été salué par la critique des deux côtés de l’Atlantique et c’est mérité car il est le fruit d’une dizaine d’années de travail. Au delà du simple bluesman, Matthew Skoller a des choses à dire tant sur le plan musical que dans le texte. Heureusement il parle très correctement français et n’a aucun mal à présenter ceux-ci aidé parfois par son batteur qui fait office de dictionnair-souffleur.

Ici le rappel est de rigueur alors Matthew nous ressort une vieille chanson qui a trente trois ans (déjà !) Lover not shuffer qui s’insurge contre les violences faites aux femmes. Au passage on apprécie un chouette moment en souffle continu qui bluffe le public.

Matthew Skoller: harmonica, voix ; Tom Holland: guitare, chœurs ; Philippe « Pompon » Scemama : basse ; Pascal Delmas: batterie (et dictionnaire)

Ont collaboré à cette chronique :

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