(26) DrômeParfum de Jazz

25/08/2018 – Marion Rampal Quintet feat. Archie Shepp à Parfum de Jazz

Marion RampalArchie Shepp : un final de grande classe

 

Prometteuse, alléchante… les qualificatifs ne manquaient pas pour cette soirée du 25 août 2018, à Saint-Paul-Trois-Châteaux, dans le cadre du Festival de “Parfum de Jazz”, qui avait réuni ce soir-là deux “noms” du jazz.

La magie vocale, on aime. Surtout quand l’artiste “est” Voix. Et, pour parachever son édition 2018, offerte aux divas du jazz, l’association drômoise avait fait appel à l’une de ces “Voix”, Marion Rampal.

Et puis une voix seule… bon. C’est mieux d’être accompagnée par un musicien, surtout si ce musicien s’appelle Archie Shepp. “Un des derniers géants du jazz” comme l’a très justement dit Alain Brunet dans son mot d’accueil.

Marion Rampal et Archie Shepp partageant la scène, on est déjà au-delà des qualificatifs employés plus haut. L’association est terrible, possible dans cette grande famille du jazz où tous les “grands” finissent un jour par se croiser, et nous délivrer le genre de prestation qui nous emporte, nous fait décoller et oublier tout le reste, de la première à la dernière note.

Il n’est pas question ici de donner de la brosse à reluire. Chacun de leur côté, Marion Rampal et Archie Shepp ont soulevé l’enthousiasme de leurs publics, de par le monde, depuis bien longtemps. Les réunir, le temps d’une soirée (mais ils se connaissent depuis 2012), c’était une opportunité à ne surtout pas rater. La maestria d’Archie Shepp au saxophone, c’est la transcendance qui coule jusque dans nos veines. Et un écrin parfait pour que s’y coule la voix de Marion Rampal.

Inutile bien sûr de présenter Archie Shepp, car peu d’amoureux du Jazz ignorent son parcours exceptionnel. A quatre-vingt-un ans, son jeu n’a pas pris une ride, servi par ce parcours et cette expérience impressionnante. Quant à Marion, c’est une voix au service de la musique, quelque soit sa couleur ou sa provenance. Elle est aussi à l’aise dans le jazz du monde que sur du Schubert.

Mais les deux étoiles n’étaient pas seules sur scène. Autour d’elles, avec elles, parce que tous faisaient corps dans la même énergie, trois autres “phares” : à tout seigneur, tout honneur, et galanterie oblige, il faut d’abord citer Anne Paceo, rayonnante derrière sa batterie, dont elle use avec une habileté incroyable. Anne “vit” son instrument, démontrant, si besoin était que celui-ci, habituellement manié par des garçons, peut aussi donner son meilleur, conjugué au féminin. Face à elle, aux claviers, Pierre-François Blanchard, discret, élégant, mais diablement efficace. Sa maîtrise parfaite a accompagné Marion dans ses pérégrinations autour du monde, un voyage auquel s’est joint Archie Shepp en cours de route. Et puis enfin, il fallait une autre pièce maîtresse, dans cette facette du jazz qu’on aime tant, un contrebassiste. Pour l’animer, qui mieux que Darryl Hall, néo-Drômois, pouvait le faire ? Lui aussi issu de la lignée des grands, Darryl Hall c’est la force tranquille, rassurante, l’accompagnateur idoine au jeu puissant, et sans failles.

Lorsque leur dernier morceau prit fin, un seul mot venait : déjà ? Le rappel s’est achevé sur un simple duo, cadeau ultime et à cappella. Duo de voix, dont Archie Shepp a donné la dernière note, clôturant cette soirée, et le Festival 2018, par un Love everywhere

Que dire derrière ça ? A part que c’est ce que nous vous rendrons, partout où vous vous produirez ?

Merci à Parfum de Jazz, à Alain Brunet, pour nous avoir donné à vivre ces moments d’une beauté exceptionnelle. Ils incarnent, à eux seuls, le « pourquoi » on aime le jazz.

Ont collaboré à cette chronique :

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