« Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas,
mais ça se dispute » Kant, Critique du Jugement

 

Ah, Los Angelès ! Le rêve de la Californie,  la Mecque du rap west coast, (Tupac, N.W.A.), le « gangta-rap » du rock psychédélique: the  Doors, the Seeds, Love, The Birds,  du punk-rock (the Germs) du rock alternatif:  Thirty Seconds to Mars, etc..et tout est dit ?

Oh que non !

A  « L.A. » en avance (?) sur tout, le voltage électrique, c’est du 110V. Et oui, vous avez failli ne pas avoir de concert, quand l’équipe du BatÔJazz a découvert quelques heures avant le concert,qu’il fallait changer toutes les prises électriques trouver des boitiers qui correspondent aux pédales de la basse, aux micros de la chanteuse, etc.

Et bien sûr, l’aventure n’a même pas commencé lorsque le groupe s’est envolé de L.A. pour venir jouer à Chanaz, mais bien antérieurement, lorsque le groupe s’est constitué avec Geneviève Artadi au chant, Louis Cole à la batterie, deux claviers: Rai Thistlethwayte et Jacob Mann, et enfin Sam Wilkes à la basse.

Avec leur pedigree,  et la virtuosité des musiciens, nous ne pouvions qu’entendre une musique dynamitée, bourrée de tempos musclés, de grooves sonnants et trébuchants, des ruptures rythmiques impressionnantes dans leur déhanché, leur décalages surprenants leurs surprises, leurs inattendus. Nous avons aimé ce « time » où la grosse caisse de la batterie et la basse ont mis en place des phrasés diaboliques, comme nous avons aimé le jeu halluciné et frénétique du batteur (radicalement binaire), ses chorus, ses roulements improbables dans leurs enchaînements, entremêlés. Nous avons aimé les chorus absolument débridés, virtuoses, incroyables des claviers.

Nous avons moins aimé les sons de leurs synthé (bien sûr c’est du psychédélique, du martien, cela contribue au son du groupe, mais le son du groupe, ce n’est pas mon problème) nous qui avons comme grand maître du goût en la matière Herbie Hancock. Bien sûr, Herbie, c’est plus cher ! De même que la voix inexpressive de la chanteuse ne nous a pas vraiment remué. Elle a de beaux aigus, certes et l’absence quasi totale de vibrato est voulue… Les goûts et les couleurs… nous avons apprécié sa gestuelle réglée au millimètre sur les constructions rythmiques du groupe… et surtout qu’elle se laisse impressionner par le vol des hirondelles sur le lac, au point que le groupe s’interrompt un moment pour contempler…

Un peu d’humanité dans le monde de la musique. Le public apprécie aussi et rit de bon cœur devant l’étonnement émerveillé des musiciens. Joli échange entre les musiciens et le public. Public qui visiblement est afficionados de Knower, et le manifeste avec enthousiasme à chaque fin de chanson.

Beau voyage encore sur le canal de Chanaz et sur le Lac. Nous passons devant la petite crique de Chatillon, le soir vient à peine de tomber. Le temps est clair. Belle soirée sur le pont. Retour sans gros dégâts (lol). Le public s’est régalé.

Je termine donc cette chronique comme les concerts commencent tous : la liste des partenaires de BatÔjazz : la CNR (Compagnie Nationale du Rhône), les régions de Savoie et d’Auvergne-Rhône-Alpes, Le Crédit Mutuel, Philomène, Château Canal, la Sale Gosse, Colin Maillard, Chanaz, Mollard, Chindrieux, Caveau de chartreuse, Caveau bugiste, Deville automobile, la Plage, Spedidam, et bien sûr Jazz-Rhone-Alpes.com.

Ont collaboré à cette chronique :

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