(73) SavoieBatÔjazz

09/09/2018 – Son of Dave pour BatÔjazz

« Born on the bayou… »
Creedence clearwater Revival
« Ah, l’art des points et des virgules
et même des points virgules… »
De la richesse de la rime, B.O.

 

Non ce n’était pas le Proud Mary avec sa roue à aube et son panache. Non, ce n’était pas la Louisiane ; Ce n’était pas la Green River chantée par le groupe de rock célèbre. Ce n’était pas non plus « Susie Q » au bastringue, mais ça a groové fort sur le Savoyard II. Et dans les coulisses comme au bastingage sur le pont, tout le monde  a apprécié  le déjanté, bizarre, bluffant et bluesant, tonique, et pentatonique  pittoresque et picaresque multi instrumentiste à quatre mains et au moins autant de pieds, l’homme orchestre nerveux et cocasse, original en diable et élégant en carreaux, chapeau feutre, cravate et chemise blanche (oui, oui, la phrase finit bientôt, mais laissez moi au moins terminer ma description!), muni d’une panoplie de boites à son, style maracas des bidonvilles, harmonica et tambourin; de boites à effets (loops! Oups! Boucles si vous voulez) pour juxtaposer une voix de basse façon Boby McFerrin à des miaulements dudit harmonica- unitonal (bien sûr) c’est… Son of Dave.

Et c’est visceral, hysterical, c’est plutôt le Mississipi, les chants de coton ,  Leadbelly, Robert Johnson à la croisée des chemins poussiéreux, Sonny Boy Williamson et son harmonica desespéré, la traversée  de la Louisiane, du Tennessee, de l’Alabama. Et puis il y a aussi du Big Bill Broonzy là-dedans et d’autres moyens de locomotion (Choochoo train).

Benjamen Darvill, alias Son of Dave mouille sa chemise, juxtapose les samples (ah pardon les loops) de basse, vocale, d’harmonica de miaulements, feulements, chuintements, cris; et le chant se fait victorieux pour couronner cet édifice. Un bon gros gras groove, solide, épais, juteux, pour asseoir tout cela et l’homme orchestre crée la jubilation, communique avec son public, achève un set épuisant alors qu’on l’avait cru accro (et craint) à sa musique, au point de ne plus pouvoir s’arrêter!

Mais l’homme sait aussi se taire, et se retirer à l’avant du navire, s’accroupir dans un coin, et contempler silencieux la beauté du lac du Bourget. Un homme complet qui milite pour sauver les bananes du clonage intégral, et pour des tas d’autres causes essentielles. Bref un homme seul. Enfin, un homme quoi!

Le retour est plus doux, les rythmes toujours très vifs mais l’atmosphère musicale est à la nostalgie.

Ça tombe bien, c’était la dernière soirée 2018 sur le BatÔJazz.

Il va falloir attendre l’année prochaine ! Le blues quoi !

Ont collaboré à cette chronique :

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