(42) LoireRhinoJazz(s)

13/09/2018 – Présentation du 40ème du Rhino jazz(s) + Big affreux

Le jeudi 13 septembre devant un parterre de supporters, d’amis et d’officiels, Jean-Paul Chazalon présentait la 40ème édition du Rhino Jazz(s) Festival. Avec sa manière naturelle et passionnée il a su transmettre cet enthousiasme qui donne au public l’envie de tout voir.

Le 40ème Rhino Jazz(s) sera rugissant avec la saison 2 du David Bowie Project qui se déclinera en trois parties.

Bowie Odyssée une exposition rassemblant près de mille objets ayant trait à Bowie, exposition ponctuée de moment où des musiciens viendront rendre hommage au compositeur par des concerts reprises.

Bowie Acoustic, un concert qui rassemble des musiciens en un regroupement original fondé sur des affinités artistiques: Sandra Nkaké, Ji Drû, Babx et Guillaume Latil

Bowie Symphonique, un second concert très différent du premier, dans lequel on trouve l’Orchestre Symphonique Ose, Ala.Ni, Eric Legnini, Erik Truffaz, Nosfell et Krystle Warren.

Le festival proprement dit rassemble des valeurs sûres, comme Dave Burrell, Rhoda Scott, Louis Sclavis, Eric Bibb, Roberto Fonseca, des talents confirmés comme Claudia Solal, Benjamin Moussay, Les Doigts de l’Homme, Lionel Martin et Palm Unit, Organic Trio, Anne Sila, d’autres encore, pour tout savoir aller sur le site du Rhino Jazz(s). Enfin, ce qui est l’une des marques du Rhino, des talents prometteurs ou inconnus, comme Kimberose, Shahin Novrasli, Mario Batkivic, Norbert Galo ou Livio Minafra. Rappelons pour mémoire que Youn Sun Nah et Tigran Hamasyan, lorsqu’ils ont donné leur premier concert au Rhino Jazz(s) étaient de parfaits inconnus.

Tout au long du festival du 13 septembre au 27 octobre trois expositions importantes:

(R)HI(NO)STORIQUE ou 40 ans de l’histoire du Rhino, au château du Jarez.

– Au même endroit mais sur la façade, une série de photos superbes et géantes de notre ami Niko Rodamel, photographe voyageur et photographe de concert, qui suit le festival sans interruption depuis 2005. ( Niko a également une exposition en cours au Méliès Café jusqu’au 30 septembre).

– Enfin une grande exposition en trois volets, dans les gares de Saint-Etienne, Saint-Chamond et Rive de Gier présente des photos de notre ami Roger Berthet qui a couvert toutes les éditions du Rhino Jazz(s) Festival de la 1ère à la 39ème et qui continue.

 

Michel Mathais


Suite de la soirée de lancement du Rhino Jazz(s) avec le Big Affreux

La soirée de lancement se poursuivra en beauté et en musique par une bien belle prestation du Big Affreux, jeune collectif afrobeat mené par le contrebassiste ligérien Charles Humbert, par ailleurs enseignant au Conservatoire de Saint-Chamond. Après le mémorable concert-fleuve du 5 mai 2017 au Clapier, le public du bassin stéphanois a compris qu’il faudra désormais compter avec ce nouveau big band en devenir. Le Big Affreux est un joyeux (mais sérieux) ensemble constitué de vingt-cinq instrumentistes ou chanteurs, parmi lesquels se côtoient professionnels, musiciens en voie de professionnalisation ainsi que cinq ou six personnes pratiquant la musique en amateur.

Le répertoire du Big est constitué de plusieurs morceaux de choix piochés chez l’immense et regretté Fela Anikulapo-Kuti (No agreement, Lady, Shakara, Egbe Mi O, Johnny just drop), entrecoupés de titres empruntés à Antibalas (Indictment, Sare Kon Kon), The funkees (Akula Owu Onyeara) ou encore Ebo taylor (Love and death). Plusieurs arrangements ont été pondus par l’émérite saxophoniste Vincent « Bibi » Périer, lequel vient de sortir un étincelant album en quartet (voir ici).

Nous retrouvons sur scène quelques têtes connues parmi lesquelles Franck Desmurs (aux percussions mais aussi au chant), le pianiste Camille Mouton (ici au trombone), l’attachante saxophoniste Elodie Chapeland (la belle rousse vient de rejoindre la team du Conservatoire Georges Guillot de Thiers), le très barbu et non moins talentueux Tom Jalet (guitariste des groupes Ceti Cantat et OPSO), la rayonnante chanteuse Bissa Bienvenu (qui à elle seule illustre parfaitement l’amour charnel entre les peuples prôné par Kuti), le pianiste Arthur Bathélémy et, pour un remplacement au pied levé, le saxophoniste Mister Ludo Murat (himself).

Le conducteur du Big Affreux, Charles Humbert, revient sur tout le travail effectué en amont pour la mise en place du collectif. « Nous sommes arrivés à avoir une cohésion d’ensemble en faisant travailler les moins expérimentés durant une centaine d’heures, sur deux ans, grâce à deux stages consécutifs que j’avais proposés au Conseil Général de la Loire. Le concert que nous avons donné au Château du Jarez est en fait l’aboutissement d’une longue démarche regroupant trois groupes (Kalakutas, Juju Afrobeat et Hermaphrobeat), soit une quarantaine de musiciens qui se retrouvent autour de l’afrobeat depuis bientôt cinq ans. Il n’y a pas, à proprement parlé, de travail régulier avec le big band. Mais aujourd’hui il nous faut environ deux bonnes répétitions de quatre heures chacune pour préparer un tel concert ! »

Derrière les toms et les cymbales, Hugo Velasco, un jeune batteur à suivre absolument, dont la place prend ici une importance assurément différente de celle tenue dans les formations jazz auxquelles il prend habituellement part. « Le fait de jouer dans un grand ensemble comme le Big Affreux me responsabilise par rapport à mon rôle de gardien du tempo. C’est un exercice de style assez particulier car ici l’esthétique est très définie, je ne peux donc pas me permettre de jouer ce que je veux, je dois au contraire m’efforcer de toujours rester dans le style et dans le son de l’orchestre. L’afrobeat se distingue du jazz par sa structure binaire ainsi que par ses clés rythmiques, les claves, qui ne sont pas les mêmes car les origines des deux musiques sont différentes. Pour le batteur, l’afrobeat reste forcément assez physique. Son endurance est mise à l’épreuve car il faut rester concentré sur ce qu’il se passe tout en gardant la transe, sur des morceaux qui peuvent durer de six minutes à beaucoup plus ! »

Dans la sphère des musiques vivantes et improvisées, l’afrobeat semble ainsi rassembler des musiciens d’horizons différents. Il en est de même pour les publics qu’il fédère. Au final, on veut bien croire que la musique de Fela Kuti réactive de belle manière la dérive des continents musicaux, rapprochant tout simplement les Hommes.

Niko Rodamel

Ont collaboré à cette chronique :

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