(38) IsèreJazz Club de Grenoble

27/09/2018 – Alfio Origlio / Célia Kaméni Quartet au jazz club de Grenoble

Le Jazz club de Grenoble a repris sa programmation hebdomadaire et la salle Stendhal est pleine, à la limite de la jauge ! C’est que nous sommes impatients d’écouter ce quartet d’artistes renommés.

Sur le thème I didn’t know what time it was,  interprété par les plus grandes chanteuses de jazz, telles Sarah Vaughan ou Billie Holiday, la voix douce, d’abord grave, de Célia Kaméni, s’envole tout en finesse. L’accompagnement d’Alfio Origlio au piano et de Brice Berrerd à la contrebasse l’enveloppe tendrement.  

Sur Secret Life of Plants de Stevie Wonder, Zaza Desiderio, ardent, fait vibrer sa batterie avec force. Un long passage au piano enthousiasme la salle, déjà conquise. La voix de Célia clame sa chanson avec force, questionne puis retombe dans la douce intimité de sa réponse :

« But who am I to doubt or question the inevitable being ?
For these are but a few discoveries,
We find inside the Secret Life of Plants ».

D’un thème à l’autre, la voix de Célia, tantôt puissante aux paroles déterminées, puis douce et sensible, aux syllabes murmurées, communique avec les musiciens.

Chacun tient sa place, contribue avec le génie de son instrument, prend plaisir à exprimer l’émotion de ce moment musical. Pour le public, ce ne sont pas quatre musiciens qui jouent, mais bien un ensemble unique qui nous offre et nous fait vivre une expérience artistique jouissive.

Comme sur Master Blaster (Le Meilleur Son), dont l’introduction au piano accompagne le vrombissement de la contrebasse scandé par les baguettes aériennes et fermes de Zaza. La rythmique accélère. Les murmures et onomatopées de Célia s’empressent. Elle court, s’affole. Les musiciens suivent de plus en plus vite, furieux ! Le public adore ! Un solo de batterie enthousiaste, léger parfois, très maîtrisé, augmente notre plaisir.

Pour Le blues indolent de Jeanne Moreau, le piano, seul, nous fait entrer dans une mélodie en français dont les paroles nous submergent. Les syllabes s’entrechoquent, rapides, la force de la voix met en valeur le texte mélancolique.

« Le vent si lent pour celle qui attend
Le temps me berce de paresse
Alors je chante sans fin ce vague chant »

Nous aurons droit également à un prodigieux duo voix-batterie, et une participation du public pour chanter, se faire plaisir avec Sunday Bloody Sunday.

Sans aucun doute, ce quartet a fait émerger tant d’émotion que nous ne pourrons l’oublier.

Bientôt, du 7 au 20 octobre, le Grenoble-Alpes-Métropole Jazz Festival s’étendra dans toute l’agglomération pour nous remplir d’émotion.

Ont collaboré à cette chronique :

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