(38) IsèreEsplanade Saint Vincent

05/10/2018 – Lalo chante Joni Mitchell à l’Esplanade Saint Vincent

Il y a des périodes où votre chroniqueur dévoué manque d’entrain,
pourquoi écrirait-il un énième billet élogieux à propos d’un artiste qu’il a lui même déjà chroniqué ?
en quoi servirait-il la cause en écrivant un billet assassin ou insipide à propos d’un spectacle qu’il n’a pas aimé ?  
il devient alors un chroniqueur aquoiboniste par alternance, (j’en connais d’autres)

Et puis, et puis  il y a d’autres moments où la passion revient où les plateaux proposés par le Rhino Jazz’s(s) ou l’AmphiOpéra par exemple sont enthousiasmants et se percutent même.
“Y en a qui ont des problèmes” 🙂
Vendredi soir justement un choix déchirant m’a fait raté Papanosh à l’AmphiOpéra pour aller écouter Joni Mitchell à l’esplanade Saint-Vincent à Vienne.
 Je suis un fan absolu de Joni Mitchell, auteure, compositrice, chanteuse, musicienne canadienne qui a soixante quatorze ans aujourd’hui et qui accompagne ma vie depuis… longtemps.
Alors l’affiche proposée par l’association de l’Esplanade Saint-Vincent: “Lalo chante Joni Mitchell”, m’a mis en mouvement.
Non ce n’était pas Joni Mitchell elle même que j’allais voir, c’est un regret de ne pas l’avoir vu sur scène ; mais le concert que lui a consacré la chanteuse Lalo (Geneviève Laloy) qui m’a complètement ravi.

Elle a attendu quelques années avant de se lancer dans ce projet nous dit elle ; attendu de bien connaitre l’œuvre de l’artiste, et de pouvoir l’interpréter avec ses fils Noé à la basse et Paul Berne à la batterie (Groupe Uptake notamment)
Il faut oser s’attaquer au répertoire de la grande dame ;
d’autres grandes voix s’y sont essayées avec bonheur comme Diana Krall ou Madeleine Peyroux mais avec parcimonie, en éparpillant ça et là quelques reprises dans leur discographie.
Un tour de chant uniquement consacré à ce monument est une prouesse me semble t’il : richesses harmoniques, changements de rythmes et de tonalités continuels, longueur des morceaux et des textes à retenir.
Lalo s’en sort haut la main sans choisir la facilité.
En effet les chansons choisies ne sont pas des plus faciles, le concert commence notamment par All I want qui ouvre l’album “Blue” sacrément périlleux pour assurer les montagnes russes en tonalités.
Les deux sets proposés vont alors dérouler une partie de la discographie de la star, une partie seulement hélas mais elle est tellement vaste que la nuit n’y aurait pas suffit.
Lalo s’avère une grande spécialiste de Joni Mitchell, elle précise tout au long du spectacle le contexte de chaque morceau, ce qui m’a permis d’apprendre pas mal de choses alors que je venais de finir la très bonne biographie que lui a consacré Edouard Graham ” Songs are like tattoos” aux éditions ” Le mot et le reste”.
Le parti pris de Lalo pour ce projet est de restituer au mieux l’interprétation qu’en faisait Joni Mitchell elle même avec simplement quelques digressions en vocalises ou en solo.
Même le son de la guitare est parfaitement restitué par  Eliot Weingand, diablement efficace et précieux tout au long du concert.
Alors on ferme les yeux et on s’y croit little green, Don’t interrupt the sorrow, Court and Spark, Coyote

Bien sûr j’ai des regrets;  j’aurais voulu entendre River ou A case of you ou encore… bien d’autres
Il faut absolument que Lalo tourne avec ce projet , qu’elle maîtrise déjà parfaitement, qu’elle le développe ;
elle est tellement enthousiaste et si bien accompagnée.

Ont collaboré à cette chronique :

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