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06/10/2018 Bowie Symphonic à l’Opéra de Saint-Etienne

Les magiciens d’Ose !

Le Rhino a sorti le grand jeu pour conclure son ambitieux projet autour de David Bowie. Sous la direction artistique de Daniel Yvinec, l’orchestre symphonique Ose ! dirigé par Éric Varion sur des arrangements de Vincent Artaud s’est approprié quelques titres emblématiques du kaléidoscopique répertoire de Bowie.

En apéritif, seul au Steinway, Éric Legnini interprète avec fluidité et émotion un Space oddity à la fois fidèle à la pop et au jazz. Il est rejoint par le trompettiste Érik Truffaz pour deux titres revisités avec élégance… L’orchestre s’accorde, le premier violon donne le la, le chef s’installe devant ses partitions. Le basson annonce la couleur. Heroes et Changes sont chantés par Krystle Warren, sa voix oscillant entre douceur et puissance, ses mains expressives, sa posture androgyne. Un duo piano-voix d’Éric et Krystle  précède le retour de l’orchestre et d’Érik pour une seconde version plus grandiose de Space oddity.

L’orchestre entame Let’s dance. Nosfell fait une entrée chorégraphiée à cour, rejoint son micro, chante, mime, danse avec une grâce infinie qui en épate plus d’un. Starman et Ashes to ashes sont de la même intensité. S’ensuit un intermède en trompette solo pour Life on Mars qu’Érik entame et conclut en totale acoustique après être passé devant le micro et quelques subtils effets. L’orchestre les rejoint pour une fausse conclusion avec Modern Love et Ziggy Stardust.

Devant une salle debout, enchantée par les beautés et l’intensité de ce concert, les artistes saluent avant de se réinstaller pour deux rappels. Life on Mars est repris par Nosfell et l’orchestre avant que tout le monde revienne épauler Krystle qui sollicite la participation du public pour l’ultime morceau et une seconde standing ovation !

La perfection sonore et l’acoustique de l’Opéra, la classe du noir et blanc des livrées, le cyclo de fond de scène tour à tour bleu, mauve, rouge (comme les chaussures et la montre d’Éric ! « Let’s dance, Put on your red shoes and dance the blues »), l’entrain de jeunes musiciens classiques ravis de servir d’originaux arrangements, le voyage promis a été à la hauteur de son ambition. Le rêve de Ludovic est devenu réalité. Qu’il soit loué et remercié ainsi que toutes celles et tous ceux qui ont permis et travaillé à ces instants uniques sur deux saisons pour prolonger à leurs façons l’éternité du Thin White Duke !

PS : Nous avons une pensée pour la chanteuse Ala.Ni, privée de ce bonheur pour une douloureuse raison familiale.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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