(42) LoireRhinoJazz(s)

07/10/2018 – André Manoukian & China Moses à Villars pour le RhinoJazz(s)

Eté indien ou réchauffement climatique, la douceur de l’arrière saison est propice aux flâneries dominicales qui parfois se terminent avec quelques notes de jazz sur les coups de dix-huit heures…

Cette année, c’est au tour de China Moses et André Manoukian de perpétuer cette tradition du Rhino Jazz(s) qui consiste à présenter à chaque nouvelle édition, un dimanche d’octobre en l’église de Villars (sous la bénédiction de Jean-Paul Chazalon, amen), une formation minimaliste autour d’une grande voix féminine.

On se souvient encore des prestations de Buika, d’Elisabeth Kantomanou, d’Ala Ni ou encore de Youn Sun Nah. Que du beau monde… Sous l’œil hagard de Jésus Christ sur sa croix, Manoukian débute le concert en expliquant que, gamin, il voulait devenir pianiste de jazz pour jouer dans les bordels ! Dédé et China sont deux grands bavards. Entre chaque morceau, l’un ou l’autre se perd dans des histoires à tiroirs pas toujours très utiles, mais toujours à rire. Pour autant, le Lyonnais prouvera tout au long de la soirée que, même s’il s’est souvent caché derrière des jazzwomen et qu’il lui arrive de s’éparpiller dans des radio-crochets télévisés qui ne servent pas toujours la musique, il n’en demeure pas moins (au Steinway comme au Rhodes) un pianiste aussi sensible que doué. Au détour d’un solo alambiqué dont il a le secret, on entendra quelques notes de La bohème en hommage à l’un de ses pairs (pères aussi) récemment disparu, un certain  Aznavourian. Quant à China Moses, elle égrènera avec la malice qu’on lui connait une belle compilation de « torch songs », parmi lesquelles I got you under my skin, Don’t let me be misunderstood, What a difference a day makes, Cry me a river… Autant de chansons qui prouvent encore et toujours que les amours déçues sont une inépuisable source d’inspiration pour les artistes. Surjouant légèrement leur complicité espiègle, le duo Manoukian-Moses livre au final un concert irréprochable mais sans grande surprise.

Ont collaboré à cette chronique :

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