(42) LoireRhinoJazz(s)

13/10/2018 Magnetic Orchestra et Anne Sila au Rhinojazz(s)

Retour gagnant !

L’Escale de Veauche accueille le retour d’Anne Sila en terre ligérienne (presque dix ans après son duo avec François Moutin, comme nous l’a rappelé Jean-Paul Chazalon), en compagnie de ses complices du Magnetic Orchestra. Ils et elle n’ont pas joué ensemble depuis un an, et nous assistons à leurs retrouvailles dans les faisceaux blancs, bleus et rouges d’éclairages fort bien gérés et la qualité d’une sonorisation équilibrée.

Le pianiste Benoît Thévenot, le contrebassiste François Gallix et le batteur Nicolas Serret installent le décor qui accueillera la chanteuse qui attaque en scattant avant les paroles de I love being here with you de Peggy Lee. Un bref remerciement au public  et Ain’t misbehavin’ de Fats Waller démarre en trombe avec paroles, scat, soli de contrebasse et de piano. Honneur à Victor Hugo quand quelques notes de piano précèdent la voix de Anne qui chante a capella les premiers vers de Demain dès l’aube, interprété avec plus de vigueur que jadis tout en en conservant l’émotion. La chanteuse présente les musiciens, puis entame In bloom de Kurt Kobain d’une voix douce et légère en symbiose avec les balais de Nicolas et la délicatesse de François et Benoît.

L’ingé-son Bertrand est remercié à son tour avant que la contrebasse ne s’attaque au swinguant  Devil may care de Bob Dorough qui  démontre la vélocité et la complicité intacte du quartet. Anne évoque “la vidéo incroyable”* de Rachelle Ferrell interprétant With every breath I take et nous en propose sa relecture avec des notes tenues de haute tenue. Tends-moi les bras, “chanson pop avec des musiciens de jazz” qu’elle a écrite est effectivement très enjazzée. C’est pour mieux nous préparer au déluge de notes de In walked Bud de Thelonious Monk joué à fond les manettes en se permettant une discrète citation du Salt peanuts de Dizzy Gillespie ! Plus serein, après une longue et belle ouverture en piano solo, Hymn to love (version anglaise de l’Hymne à l’amour de Piaf)  précède l’ultime chanson de ce répertoire. Tight de Betty Carter s’ouvre sur un solo de batterie entamé aux mailloches puis aux baguettes avant que tous unissent à nouveau leurs talents instrumentaux et vocaux. Saluts !

Un rappel s’impose. Le public en veut encore. Anne nous annonce un hommage à Charles Aznavour avec Et moi dans mon coin qui verra se glisser quelques mots de La bohème, Comme ils disent et Emmenez-moi.

Au fil du temps, le quartet nous a enchanté en Drôme, en Isère, dans le Rhône ou dans la Loire. Anne Sila et le Magnetic Orchestra ont su préserver intacte la cohésion de leur projet où la force s’allie à la fragilité, la puissance à la douceur. Leur technique ne cesse de progresser, leur musicalité de s’affirmer, leurs arrangements de se peaufiner. La chanteuse et les musiciens forment un ensemble qui s’y entend dans l’art de s’écouter. Quel bonheur d’assister à ce retour en grâce ! On attend une suite avec impatience…

*effectivement :

Ont collaboré à cette chronique :

X
X