(69) RhôneLe Radiant

16/10/2018 – Hugh Coltman Septet au Radiant-Bellevue

Who’s happy ? (Qui est heureux ?)

Hugh Coltman  accompagné de son septet semble avoir répondu positivement,  à l’applaudimètre.

 

Je reprendrai, en hommage à Charles Aznavour : « En concert,  il faut surtout assurer dès le premier morceau et particulièrement le dernier, entre les deux, vous pouvez faire un peu ce que vous voulez ».  Et bien la prestation du chanteur a tenu toutes ses promesses. En effet,  son début avec Civvy Street au rythme boléro de King Cole, version « Boeing 747 » avec des cuivres en plus, a permis d’entrée de jeu à Hugh Coltman de conquérir son public, et Caravan  en fin de concert clôturait magistralement.    

 

Après sa victoire du jazz « Voix de l’année 2017 » avec un hommage à Nat King Cole, Hugh Coltman revient avec un nouveau album « Who’s happy » avec ses compositions très intimistes  d’un esprit de la Nouvelle-Orléans où il s’est rendu, mais surtout, insufflé par son guitariste Freddy Koella qui y a vécu.

On peut dire que cette réalisation relève d’un certain tour de force ; une palette de styles assez bien réussie pour les amoureux d’un jazz depuis ses origines à nos jours.

Si il est vrai qu’en matière de voix  Hugh est son maître… , l’innovation, malgré ça, me semble plus difficile donc plus rare. Et si un musicien, saxophoniste, trompettiste ou autre produisait un nouvel album du même  cocktail  que celui de ce soir,  je doute qu’il obtienne un tel succès ?

Bien sûr, la réalisation est parfaite, les arrangements très intéressants, les musiciens très professionnels, une mise en place exceptionnelle ;

Mes réserves, mes impressions, très personnelles,  portent essentiellement sur le choix des styles aux parfums déjà entendus. Chaque morceau me remémorait :

Un Cab Calloway dans Sugar Coasted Pill, les Beatles dans The Sinner et New Park Street, une vieille histoire de Mister Jonasz dans Resignation letter,  une intro Supertramp en rhytm’n’blues  dans It’s your Voodoo working version twist des années 60, entre autres et enfin une version incontournable de Caravan en rappel.

 

C’est pour ses souvenirs que concert m’a parut un peu décalé ; un public plutôt d’un certain âge et même d’un âge certain (comme moi) qui avait envie de danser, malheureusement dans un amphithéâtre transformé en Eglise Baptiste. Mais c’est déjà la fin du concert, la preuve d’un moment agréable. Je demande à ma voisine si elle a aimé ?

– J’ai bien aimé me répondit-elle !

 Le jazz est devenue une musique populaire, et pourquoi pas ?

Je me réveille commande un petit calva pour accompagner  la comptine version des îles dans Hand me downs,

– On ferme ! finissez vos verres ! s’écrie  la tenancière, nous sortons, la rue est déserte, il fait encore chaud et humide ce matin, ai-je rêvé ?

– Alors ! qui est Heureux(se) !

– Toutes celles et tous ceux qui partagent la musique et Hugh Coltman fait partie des plus dignes représentants.

Ma voisine m’accompagne ! « Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie »


 

 

Ont collaboré à cette chronique :

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