(26) DrômeLa Cordonnerie

17/10/2018 – The Bad Plus et Asylon Terra à La Cordonnerie de Romans-sur-Isère

Nouvelle plaquette et nouvelle saison de la Cordonnerie qui débute avec un ténor de la scène jazz américaine, The Bad Plus.

Asylon Terra en première partie, très fier et heureux de faire une telle ouverture. Pierre Lordet nous emmène dans un voyage dans le sillage de Guillaume Perret et de son « Electric Epic ». Nous voilà plongés dans une musique aux influences électro fusionnant très bien avec les motifs répétitifs posés par la clarinette basse qui virevolte dans une nappe sonore (Anne Quillier: Fender Rhodes- Moog) très rythmée (Philippe Gordiani: guitare basse et Clément Black: batterie) mais aussi très soignée. Un groupe à suivre sans aucun doute mais déjà bien repéré dans le sillon rhônalpin.

 

The Bad Plus, dès son intro, nous annonce la couleur : un son énorme, une rythmique puissante et un piano éblouissant. Comment ce groupe de Minneapolis a-t-il pu être qualifié d’hérétique parce que reprenant au début des années  2000 des tubes (et de quelle manière !) de gens connus dans la pop et le rock mondialisé ?

C’était ne pas comprendre qu’au-delà d’une volonté, très à la mode désormais, d’élargir une audience initiée du jazz dît « puriste »  que le parcours musical du trio s’inscrivait profondément dans une culture jazz et classique. Démarche largement reprise depuis par nos groupes français.

Cette musique est construite sur un système de tensions et de détentes : les envolées puissantes du trio s’enchaînant aux moments très calmes dans une transition parfaite.

Le répertoire de la soirée tourna évidement autour de leur dernier album « Never Stop II » comme pour signifier au public européen que le trio est toujours bien vivant avec un nouveau pianiste, Orrin Evans à la virtuosité inspirée et remplaçant Ethan Iverson, Reid Anderson à la basse, mélodiste génial et David King à la batterie qui propulse l’ensemble tant il est présent aux baguettes et aux balais.

C’est avec l’élégance des grands musiciens qu’ils nous donnèrent un formidable concert.

Merci à la Cordonnerie d’avoir su attraper au vol, au sein d’une  impressionnante tournée européenne, une occasion unique de nous présenter ce trio magique.

Ont collaboré à cette chronique :

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