(42) LoireRhinoJazz(s)

20/10/2018 – Mario Batkovic au RhinoJazz(s)

Ce soir le RhinoJazz(s) nous sort des sentiers battus à plus d’un titre.

 

Tout d’abord le lieu : le siège de la société Audio Technique à L’Horme, le prestataire technique son et lumière du festival depuis de nombreuses années. Un immense hangar, caverne d’Ali Baba qui regorge de flight-cases, d’amplis, d’enceintes à perte de vue, le tout rangé avec grand soin sur des racks sur plusieurs milliers de mètres carrés et un espace spécialement aménagé pour recevoir le public et la scène.

En second lieu l’artiste présenté : Mario Batkovic. Honnêtement avant d’avoir eu vent de la programmation du festival je n’en n’avais jamais entendu parler. Ludovic Chazalon m’en ayant dit le plus grand bien je m’étais procuré son CD il y a plusieurs mois et depuis pas une journée sans que je l’écoute au moins une fois mais plutôt plusieurs fois. Je suis assez fan de musique “minimaliste” et “répétitive” genre Philippe Glass ou Steve Reich et avec Mario Batkovic je retrouve un univers très personnel où les répétitions (qui n’en sont pas) sont une des clefs.

Donc ce soir je découvre cet accordéoniste – ah oui j’ai omis de vous préciser que Mario Batkovic joue du piano à bretelles (et bien d’autres choses) mais ce soir il ne s’agit que de cela -, je le découvre donc en live.

Et qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’il ne joue que de l’accordéon, pas d’électronique, d’octaver ou de sampler pour l’assister. Tout est fait “maison” !

Il déroule les titres de son CD “Mario Batkovic” en commençant par Quatere avec à chaque fois de menues variations, forcément c’est du live et l’artiste cède à l’instant présent, mon oreille entraînée les décèle mais l’esprit est conforme à l’enregistrement. Il nous offre aussi des morceaux nouveaux.

Je découvre un artiste éminemment souriant avant d’entamer un morceau, avec quelques tics récurrents pour se positionner correctement sur sa chaise, pour tirer sur son pantalon. Une fois lancé la concentration devient palpable. Il fait corps avec son instrument, n’hésite pas à le bousculer en tous sens, à tapoter dessus, à jouer des clés sans le soufflet pour en sortir des sons incroyables.

Les sons s’organisent et produisent les morceaux que l’on connaît.

Un univers étrange, pas souvent gai, une musique grise comme savent la faire les slaves mais bon sang que c’est captivant !

Après un concert de près d’une heure et demie il nous offre en guise de rappel Sommium dernier morceau de son CD, qu’il traite comme s’il jouait d’un synthétiseur analogique, surprenant.

Mon petit doigt me dit qu’on ne devrait pas trop tarder à revoir cet extra-terrestre dans notre région.

Ont collaboré à cette chronique :

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