(69) RhôneBémol 5

24/10/2018 – Carte blanche à Géraldine Lefrêne au Bémol5

“Wednesday jazz standards” annonçait le menu… Le Bémol5 est bien plein pour accueillir la carte blanche offerte à la chanteuse Géraldine Lefrêne manifestement très heureuse de soutenir en chansons le restaurant-musical du Vieux Lyon. Elle se présente avec un compagnon de longue date, “un magnifique guitariste” Bruno Simon, “un guitariste qui joue de la basse ou un bassiste qui joue de la guitare” Maurade Meniri et “un petit jeune qui joue de la batterie et des percussions” Lucas Marie

L.O.V.E. de Nat King Cole ouvre très swing, avant, plus cool, They can’t take that away from me de George & Ira Gershwin créé en 1937 par Fred Astaire pour le film Shall we dance puis Stand by me de Ben E. King joué en mode ballade. L’incontournable Caravan de Duke Ellington et Juan Tizol et les soli de guitares électroacoustique de Bruno, acoustique et orientalisante de Maurade préparent les oreilles pour la première surprise de la soirée. Géraldine laisse la place à l’oudiste Geneviève Vernier tandis que Lucas s’empare du derbouka. Avec Maurade, ils forment le Trio Ousopé (entendu dans sa formation originelle lors de l’édition 2017 d’À cours et à jardins) augmenté de Bruno pour deux morceaux traditionnels. Nos yeux aussi ont droit à une bien belle et agréable surprise en la personne de Cilen qui danse-orientale devant la scène et au milieu des tables. Géraldine reprend les rênes pour deux hommages qui concluent ce premier set. Sa composition Monsieur Nougaro précède un Emmenez-moi d’Aznavour revisité avec brio.

What a wonderful world de Bob Thiele et George David Weiss entame en douceur le second set. Géraldine se remémore Al Jarreau entendu à la radio interprétant My favourite things de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II. Ce soir, un solo de cajon de Lucas marque le passage de guitare à basse pour Maurade. Pause instrumentale avec une composition de Bruno qui précède Spain de Chick Corea en compagnie de Mohamed Meniri à qui son frère prête la guitare tout en restant à la basse. S’ensuit un Round midnight plutôt guilleret annonçant le feu d’artifice final. Géraldine met beaucoup d’Ella et un brin de Louis dans le Cheek to cheek d’Irving Berlin accompagné des claque-doigts d’un public manifestement enchanté par la chanteuse et ses musiciens. Une standing ovation méritée salue les sept artistes présents ce soir au Bémol5 pour un beau moment de partage.

Une soirée comme on en voit de moins en moins, loin des tournées promotionnelles où chacun regarde sa montre… Une soirée où la convivialité originelle du jazz reprend ses droits avec le plus grand naturel… Une soirée où l’on revisite son Realbook en écoutant des versions réarrangées avec talent… Une soirée où même celles et ceux qui n’étaient venus que prendre un verre ou se restaurer se prennent à entendre puis écouter les musiciens et regarder la danseuse et la chanteuse… Une soirée chaleureuse qui vous fait oublier que dehors on joue Autumn leaves… Une soirée comme on aime à les garder dans un coin de la boîte à souvenirs…

Ont collaboré à cette chronique :

X
X