(42) LoireRhinoJazz(s)

26/10/2018 – Christophe Monniot, Jeff Boudreaux, Quentin Prever au RhinoJazz(s)

Couramiaud depuis quelques années, le Rhino a choisi de conclure sa quarantième édition dans son enclos. La pénultième soirée se poursuit avec un second trio inédit en terre ligérienne. En effet, Rhoda Scott étant indisponible, le saxophoniste Christophe Monniot et le batteur Jeff Boudreaux vont partager pour la première fois la scène avec le jeune organiste Quentin Prever, la remplaçant au pied levé… celui qui actionne la pédale de volume des cabines Leslie de l’orgue Hammond ! Celles et ceux qui avaient vécu le concert du trio originel à l’AmphiOpéra de Lyon en gardent un souvenir lumineux en partie immortalisé par l’album Blanc cassé. C’est d’ailleurs ce cadeau que promet le facétieux saxophoniste en cours de concert… Affaire à suivre…

Le petit clavier de Christophe plante un  décor assez électro qui accueille le drive imperturbable de Jeff et les basses de Quentin soutenant le saxophone soprano. Après les soli et la mélodie de Straight no chaser (Monk), c’est l’orgue qui entame un  Amazing Grace (trad) au cœur duquel Christophe pose le sopranino et glisse une discrète évocation de Purple Rain avec un alto bien saturé par la pédale wah wah, micro dans le pavillon. Chapeau l’éclairagiste qui envoie un projecteur mauve pour la séquence princière ! Une intro bruitiste et des sons de synthé vintage ouvrent un Chameleon (Hancock) so 70’s ! Vient l’instant du grand jeu concours : “Le CD du trio Blanc cassé… pour qui répondra à la question posée par Christophe : Le blé, où le mouton ?”…

Les mailloches précèdent le sopranino qui ouvre un Over the rainbow (Harlen & Harburg) plus free qu’aux origines. Vient l’heure de la réponse : “Le blé, où le moud-t-on ? Au moulin !”. L’alto reprend ses droits pour un Blanc cassé (Monniot), proposé en digestif, qui nous permet d’apprécier l’aisance du batteur aux baguettes lors d’un solo de haute volée. En rappel, Someday my prince will come (Churchill) conclut ce concert en demie-teinte marqué du sceau de la première rencontre avec tout ce que cela peut comporter de timidité, de gêne et de maladresse tant chez le musicien que chez l’auditeur. La maturité des uns pouvaient-elle compenser la fraîcheur de l’autre ? La connivence est-elle contagieuse ? L’organisation a choisi l’option “The show must go on” et ce co-plateau méritait le détour par Saint-Chamond.

Un seul être vous manque… Espérons que Rhoda se remette au plus vite de ses soucis de santé ! Une Victoire d’honneur pour l’ensemble de sa carrière aux Victoires du Jazz l’a récompensée jeudi soir à Neuilly. Nous n’avons pu partager cette joie… mais tant d’autres ont émaillé cette quarantième édition du RhinoJazz(s) !

Ont collaboré à cette chronique :

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