(42) LoireRhinoJazz(s)

26/10/2018 – Shahin Novrasli Trio au RhinoJazz(s)

Une fois de plus le RhinoJazz(s) joue son rôle d’alerteur en nous présentant pour la première fois dans la région un musicien qui “commence à être repéré” pour reprendre les mots de Jean-Paul Chazalon. C’est ce qu’on attend de ce festival et encore une fois nous n’avons pas été déçus.

Dans votre dictionnaire du jazz azeri vous connaissiez peut-être Aziza Mustafa Zadeh. Il faudra désormais y adjoindre Shahin Novrasli, également pianiste, compositeur et parfois chanteur et né à Bakou en 194177p>

Ahmad Jamal dont on connait le goût sûr -il a déjà poussé sur le devant de la scène une certaine Hiromi- parraine ce pianiste et va même jusqu’à produire son dernier album “Emanation” paru en 2017. Cet album a été réalisé en France avec André Ceccarelli à la batterie,  James Cammack (tiens tiens !) à la contrebasse et des interventions du percussionniste Erekle Koiva et du regretté violoniste Didier Lokwood. Un joli paquet de bonnes fées se penchent sur la carrière de ce musicien.
 

Ce soir à la salle Aristide Briand de Saint-Chamond Shahin Novrasli est entouré par l’immense contrebassiste cubain Felipe Cabrera et par le jeune batteur français Josselin Hazard.

Et ça commence jazz avec une version très personnelle de Solar sur un mode JS Bach. On retrouve d’emblée le grand pan de la culture classique du musicien qui est passé par les meilleures écoles de son pays. Shahin Novrasli se produit comme musicien de jazz et comme concertiste classique.

Le Nocturne for Natavan est plus vif et nous montre toute la virtuosité contenue du pianiste.

Pour le troisième morceau, Jungle, bizarrement le seul titre de l’album “Emanation” durant ce concert, c’est Felipe Cabrera qui prend une longue introduction à la contrebasse puis le trio s’en mêle avec énergie et notamment Josselin qui appuie vite et fort (trop peut-être) sur ses baguettes.

Suit une sublime ballade Elinde Sazin Qurbani  toute en subtilité où l’influence des grands maîtres classiques est sensible. Josselin a la sagesse de rester aux balais, il en joue admirablement et Shahin gère admirablement les notes silencieuses, son jeu respire.

Pour finir Shahin nous propose un traditionnel azeri Baga girdim uzume, il improvise dessus comme le veut la tradition musicale mugham et se met à chanter. Ce n’est pas sans nous rappeler Tigran. Comme avec ce dernier cela ne nous convainc pas.

Pour le rappel il nous propose une étonnante version d’un vieux slow de Michael Jackson She’s Out of My Life, bien “shahinisé”.

Notez ce nom Shahin Novrasli, vous le croiserez sûrement bientôt sur nos scènes.

 

 

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