(26) Drôme

27/10/2018 – Al Di Meola en trio à Valence pour “Drôme de Guitares”

Al  Di Meola – Saturday night in Valence pour “Drôme de Guitares”

Près de quarante ans après  “Friday night in San Francisco” avec John Mac Laughlin et Paco de Lucia, véritable tsunami musical qui a ébranlé la planète guitare, Al Di Meola retrouve le chemin du “tout acoustique*” pour l’Opus Tour.

Al Di Meola a marqué toute une génération de guitaristes. Alliage entre la guitare flamenca du maître Paco et la technique jazz époustouflante de lord John, il a trouvé son son.  Depuis, il a exploré tous les univers musicaux, fait de multiples expériences, mais il a gardé ce son et cette technique qui le caractérisent.

A l’invitation du festival “Drôme de Guitares”, accompagné du guitariste Peo Alfonsi et de l’accordéoniste Fausto Becalossi, le trio démarre le concert par ses nouvelles créations. Manifestement, le groupe se cherche en ce début de tournée dont c’est une des premières dates. La densité technique ne laisse pas le temps à la musicalité de s’installer.

A ce rythme, Al Di Meola fait un peu cavalier seul. Ses musiciens sont à la peine.

Ce n’est qu’à partir du quatrième morceau Frozen, puis d’Ava’s dream sequence lullaby que le groupe se trouve et se détend. Fausto Becalossi en profite et nous montre à quel point Rabih Abou-Khalil a raison lorsqu’il dit que “les plus grands accordéonistes sont italiens (ça leur occupe les mains, du coup, ils ne parlent pas !)”.

Cette musique, très écrite, est une succession de phases rapides ou lentes, ouvertes ou fermées. Al Di Meola en Docteur Jeckill et Mister Hyde de la guitare passe du son de sa guitare classique à un son saturé de guitare électrique et alterne les chorus lents et inspirés de parties survitaminées.

Dans la deuxième partie du concert, le trio s’ouvre enfin. Al Di Meola accorde de plus en plus de bons de sortie à Fausto Becalossi et à Péo Alfonsi.  On découvre alors un autre trio, détendu, content d’être là et prenant visiblement plaisir à jouer.

Pour finir, Al Di Meola nous offre une Mediterranean sundance, souvenir du trio qui a émerveillé un public un vendredi soir à Frisco  et des millions de guitaristes depuis. Bravo l’artiste !

 

 * : quel dommage qu’Al Di Meola utilise un harmoniseur qui superpose un son de synthétiseur à un son de guitare. Même s’il est discret, ce rajout n’est vraiment pas du plus bel effet.

 

[NdlR : surprise à la sortie du concert où le stand merchandising proposait de se faire tirer le portrait en compagnie du maître et de faire signer la photo moyennant vingt euros ! Pas de petit profit.]

Ont collaboré à cette chronique :

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