(69) Rhône

02/11/2018 – Les airs d’appeaux polis d’Apollinaire à l’ENSATT

Diverses insitutions du 5ème arrondissement de Lyon ont monté un projet ambitieux de commémoration du centenaire de la disparition du poète Guillaume Apollinaire : expositions, conférences, ateliers d’écriture et spectacles (voir ici).

Les airs d’appeaux polis d’Apollinaire” est une évocation de la vie de cet immigré polonais qui “fraîchement naturalisé français”  n’hésita pas en 1915 à s’engager pour monter au front et défendre sa nouvelle patrie.

Gilda Hobert-Pélissier nous lit des extraits de sa correspondance volumineuse, la narration de sa guerre ainsi que des poèmes.

Une langue châtiée, des mots justes, le décalage du poète.

Le duo François Dumont d’Ayot et Attilio Terlizzi ponctue le propos avec soprano, flûtes, clarinette basse et batterie.

Apollinaire était un homme à femmes, parfois crûment il traduit ses sentiments. Madeleine, Lou, Marie* et tant d’autres ont eu l’honneur de ses ses vers… et de ses avances.

Son passage à la prison de la santé n’est pas oublié. C’est un homme meurtri et désespéré qui retrace cette noire expérience.

Mais il y a aussi des moments de petits bonheurs comme le spectacle de la rue, celui des saltimbanques.

“Les grands poètes et les grands artistes ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l’apparence que revêt la nature aux yeux des hommes” écrivait Apollinaire dans ses “Méditations esthétiques”.

 

L’évocation s’achève sur le Pont Mirabeau.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

 

* Marie Laurencin à qui est dédié le Pont Mirabeau.

 

Gilda Hobert-Pélissier : comédienne, récitante, choix et mise en situation des textes ; Attilio Terlizzi : batterie ; François Dumont d’Ayot : compositions, sax soprano, flûtes, clarinette basse

Ont collaboré à cette chronique :

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