(69) RhôneLa Renaissance

13/11/2018 – Debussy on jazz ! au Théâtre de La Renaissance

Debussy à cordes et lames

Le Quatuor Debussy et le vibraphoniste Franck Tortiller avaient décidé d’unir leurs talents pour assembler l’univers de Claude Debussy et le jazz. Le centenaire de la disparition du compositeur avait servi de prétexte à ce projet ayant déjà donné lieu à une résidence à Marciac et à l’enregistrement du cd “Claude Debussy… et le jazz” avec des invités tels que Vincent Peirani ou Jacky Terrasson…

Chemises roses, pantalons noirs et souliers vernis, le premier violon Christophe Collette, son second Marc Vieillefon, l’altiste Vincent Deprecq et le violoncelliste Cédric Conchon entraient seuls en scène pour jouer debout “La fille aux cheveux de lin” avant de s’asseoir pour l’incontournable “Premier Quatuor” (quoi qu’unique…) de Claude Debussy, mort à 56 ans le 25 mars 1918, qui n’aura connu ni  l’Armistice ni le Jazz. Après cette première partie très classique, le jazz allait-il résonner avec l’arrivée de Franck Tortiller ?

Dans une douce pénombre, les techniciens déplacèrent les chaises et les pupitres des musiciens, vérifièrent les câblages, installèrent les micros du vibraphone qui finissait par rouler jusqu’à son halo de lumière. Le quatuor devenu quintet pouvait revenir sur scène ! Les cordes avaient troqué le rose pour le gris… Quelle élégance ! Le vibraphoniste n’était pas en reste avec son costume noir et son polo chiné.  Inspirée de “La Puerta del vino”, “Danza del vino” du Bourguignon Franck Tortiller précéda une bien sage version de “My Man’s gone now” de Gershwin qui dégagea quelques fugaces effluves de swing.

C’est en solo que les mailloches rebondissaient allègrement sur les lames pour “I can’t get started with you” de Vernon Duke, sagement écouté par le quatuor qui reprendrait du service pour trois titres baptisés “Les cépages”“Folle blanche”“L’enfant trouvé” et “Vitis vinifera”. Une valse-musette de Tony Murena “Impasse des vertus” aurait conclu ce concert si le public n’avait obtenu deux rappels…

La composition du maître “Les Sixtièrces alternées” alias “Midi do majeur” fit place à une plutôt surprenante version de “Tout ça parce qu’au bois de Chaville” de Pierre Destailles. C’était peut-être un détail pour nous, mais pour Franck Tortiller, ça semblait vouloir dire beaucoup !

Les présentations des morceaux et les remerciements étaient assurés par Christophe Colette et Franck Tortiller. Les lumières étaient signées Stéphane. Le son avait été confié à Baptiste. Le public oullinois avait l’air ravi de cette prestation de qualité. Tout était bien en place, bien rangé comme les fûts dans une cave, comme les rangs de ceps sur les coteaux. Pas une fausse note, certes, mais bien peu d’improvisation au milieu de ces partitions… Pas de vin fou, que du premier cru !

 

Ont collaboré à cette chronique :

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