(38) IsèreJazz Club de Grenoble

15/11/2018 – Jean-Pierre Como Quartet au Jazz Club de Grenoble

Le Jazz Club de Grenoble était bondé pour recevoir le quartet du pianiste Jean-Pierre Como qui réunit autour de lui Christophe Panzani aux saxophones ténor et soprano, Bruno Schorp à la contrebasse et Rémi Vignolo à la batterie. C‘est l’album “Infinite” qui sert de trame à ce concert,  fruit de la rencontre de musiciens qui avaient l’habitude de faire le “bœuf” avant de coopter Christophe Panzani pour renforcer le trio de départ. Pour ce nouveau disque, contrairement aux compositions standards où l’écriture précède le jeu, cette fois l’écriture a succédé aux séances d’improvisation. A partir de quelques idées initiales de Como ou de Vignolo, les morceaux se construisent au fur et à mesure de leur exécution avec les autres musiciens.

Le premier set a débuté par Sorentina. On y sent la patte de Rémi Vignolo qui par son jeu -ici plus proche de celui d’un percussionniste que d’un batteur-  apporte une couleur particulière. La mélodie est celle d’une ballade, la rythmique au tempo dédoublé le transforme en un morceau à l’esprit latin. L’équipe formée par Rémi Vignolo et Bruno Schorp fonctionne à merveille  car la liberté et la richesse du jeu de Rémi est compensé par la rigueur métronomique du contrebassiste, et cela tourne parfaitement. Dans ce morceau, Jean-Pierre Como démontre son sens virtuose de l’improvisation  et enchante le public dont la tension monte en même temps que celle du pianiste.  Jean-Pierre vit son improvisation de tout son être, quelques notes s’échappent de sa bouche pour venir souligner le phrasé de son impro. Au sax, Christophe Panzani n’est pas en reste, on y sent l’influence d’un Coltrane.  Le riche phrasé qu’il développe s’intègre parfaitement à la rythmique qui l’entoure. 

Dans Lucky day, un morceau à trois temps à la base qui joue avec les mesures, les musiciens s’en donnent à cœur joie, comme Rémi Vignolo qui nous offre un beau solo qui enchante le public.

Puis vient I Remember un morceau modal avec entre autre une phrase de basse s’étendant sur huit temps autour de laquelle tous les musiciens ont eu le loisir d’improviser, sauf bien sur notre bassiste qui imperturbablement tenait la barre dans la houle furieuse.

Le premier set s’est terminé par Wonderland, introduction à la basse, le sax soprano de Christophe entrant à son tour et brodant autour de la phrase de basse, L’ambiance est là, vers quel étrange “wonderland” nous emmènent t-ils ? Le piano et le sax ténor nous rassurent, le paysage est beau quoique la suite du morceau ne nous rassure pas beaucoup.

Début du second set avec Song For Wayne, un hommage à Wayne Shorter, belle mélodie au sax ténor oblige. Le morceau ne pouvant rester aussi serein, le tempo se double et nous voilà partis dans une furieuse improvisation comme Jean-Pierre Como en a le secret, bien secondé en cela par Rémi Vignolo qui se lance à son tour dans un accompagnement qui a tout l’air d’un solo de batterie.

Puis vient le moment du piano solo, une très belle introduction “à la Debussy”, suivi par une improvisation et une fin avec un retour sur le beau classicisme du début.

Le set s’est poursuivi par d’autres morceaux qu’on peut retrouver sur le CD, objet de ce concert, et s’est terminé en bis par In the mood for dream un thème qui n’est pas sans rappeler celui d’Enio Morricone, Il était une fois la révolution, une belle façon de terminer ce très beau concert.

Ont collaboré à cette chronique :

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