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18/11/2018 — Baptiste Bailly Trio à Gaga Jazz

Nous avions découvert avec beaucoup de plaisir en 2017, avec Gaga Jazz, l’aventureux pianiste Baptiste Bailly en duo avec le guitariste de jazz espagnol David Minguillón, ce projet vit toujours puisqu’il était présenté récemment à Grenoble[1]avec en invité le batteur percussionniste Antony Gatta.

Mais ce soir c’est un nouveau projet que nous révélait Baptiste Bailly, avec des musiciens issus de la mouvance musicale valencienne ; Ales Cesarini, contrebassiste originaire de Rome, mais formé à Valencia, apporte sa polyvalence élégante et rigoureuse à la musique de son leader, musique que le batteur percussionniste espagnol David Gadea, précis et généreux, teinte de couleurs résolument méditerranéennes. Cette espèce d’exaltation à la poursuite du duende que l’on découvrait dans le projet en duo, on la retrouve dans les compositions de Baptiste Bailly.

Fort de son bagage jazzistique, mais aussi classique, le compositeur transmue en pépite d’émotion les sensations que lui procure la confrontation au milieu musical espagnol dans lequel il baigne actuellement. La Ultima Luz de la Lluva, Three Lands, Suds, Le Calme après la Tempête, La Clef des Champ, Carcajadas, sont des compositions superbement révélatrices de cette rencontre.

Exploratrice de sonorités nouvelles, avec les titres déjà cités, la musique de Baptiste Bailly peut-être introspective et douce-amère avec La Que Faltaba, nostalgique avec Indifférence de Murena (rarement au programme des pianistes), voire primesautière et enjouée avec Stompin’ at the Savoy, ou divinement jazz avec You’ve Changed.

La cohésion du groupe est forte, la formule du trio l’amplifie il est vrai, mais elle permet au pianiste d’attirer dans son monde des musiciens, qui jouent habituellement en périphérie du jazz et de faire en sorte qu’il se trouve bien au cœur dudit jazz, ça se voit, ça se sent et surtout ça s’entend. Les musiciens ont l’habitude de jouer ensemble, mais l’écoute mutuelle reste forte et ils arrivent encore à se surprendre. Le contact avec le public a été immédiat dès le premier titre et le lien est resté vivant tout au long du concert jusqu’au rappel, Pension Almayer, qui fait référence à Océan mer d’Alessandro Baricco.

Pour terminer, un album du trio est déjà enregistré, mais après quelques aléas, il ne sortira qu’en 2019, nous vous en reparlerons en temps voulu.

[1]Voir la chronique de Bernard Genevois : https://www.jazz-rhone-alpes.com/181025-baptiste-bailly-trio-jazz-club-de-grenoble/

Ont collaboré à cette chronique :

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