(38) IsèreJazz à Vienne

20/11/2018 – Chicago Blues Festival 2018 à Vienne

20Cette année encore le lancement de la campagne de promotion de Jazz à Vienne 2019 (dévoilement  de l’affiche du festival et des premiers noms, lancement des offres de Noël…) coïncide avec le passage de la tournée européenne du Chicago Blues Festival dans la ville qui l’a accueilli dans la plupart de ses éditions antérieures (c’est la 49ème cette année)

Coté Jazz à Vienne 2019, à l’image de l’affiche chargée de rêves et de dépaysement imaginée par le dessinateur Jacques de Loustal (le même qui avec  Philippe Paringaux avait  parfaitement réussi le mariage de la bande dessinée et du jazz en 1987 à travers les belles planches de Barney et la Note Bleu ) le festival  s’annonce prometteur surtout quand on sait que l’immense John Zorn sera de la fête durant toute une nuit avec ses nombreux collaborateurs pour son  « Bagatelle Marathon ».

Coté Chicago Blues Festival  c’est un plateau 100% Chicago qui nous attend ce soir avec le guitariste Mike Wheeler à la tête de sa formation habituelle élargie  pour l’occasion. Après avoir longtemps joué les seconds rôles derrière les plus grands  (Son Seals, Koko Taylor, Buddy Guy …) il a signé sur le label de référence Delmark en 2012 avec  lequel il a publié deux albums dont le plus récent Turn Up (2016) a été unanimement salué par la critique. Il est rejoint pour cette tournée par l’harmoniciste et chanteur Omar Coleman qui s’inscrit dans la lignée de Junior Wells et Billy Branch après avoir signé l’album remarqué  Born& Raised  (Delmark 2015) et tout récemment une contribution à l’hommage rendu par les bluesman de Chicago aux Rolling Stones avec une reprise de I go will sur l’album Chicago plays the Stones (2018). Le rôle de la diva  blues est tenu par la chanteuse Peaches Staten qui s’inscrit dans la lignée de Koko Taylor dans ses aspects blues  et Aretha Franklin sur un versant plus soul . C’est sur scène qu’elle donne le meilleur d’elle-même comme en témoigne son album enregistré à Chicago dans le club de Buddy Guy  Live at Legends (Swississippi records 2010). Une puissante rythmique est indispensable derrière les meilleurs musiciens de blues et il y a ici ce soir les musiciens attitrés de Mike Wheeler avec le bassiste Larry Williams le batteur Cleo Cole et les claviers de Brian James.

Le concert démarre avec le Mike Wheeler band augmenté de l’harmoniciste  Omar Coleman qui ouvre avec le titre très autobiographique Born& raised de l’album éponyme ou il loge son  premier solo ravageur d’harmonica de la soirée. Le plaisir d’un  subtil mix voix et harmonica sera encore au rendez-vous des deux morceaux suivants avant qu’Omar Coleman  quitte la scène pour la laisser au seul Mike Wheeler Band qui va en profiter pour mettre en avant son talent de guitariste très influencé par ses maîtres Son Seals,  Willie Kent et Buddy Guy. Sur son titre fétiche That what love will make you do, il ne se satisfait pas de laisser sa guitare s’envoler mais laisse aussi une large place à ses musiciens, notamment à l’énergique bassiste Larry Williams qui fait glousser le public de plaisir avec  ses riffs grondants et puissants. C’est ensuite au tour de la chanteuse Peaches Staten de venir occuper la scène d’une voix tout aussi puissante,  autant chargée de soul que de blues pour trois morceaux. Sur  le troisième (Gotta find my man) elle laisse de côté le style Chicago Blues pour regarder du côté du Mississippi et de la Louisiane en se saisissant d’un rutilant washboard qu’elle gratte avec énergie pendant que le clavier de Brian James prend des accents d’accordéon zydeco.

Sur la deuxième partie on reproduit le même schéma organisationnel  avec solo de guitare d’harmonica et de basse, en laissant cependant un peu plus de place à des standards blues comme le fait Omar Coleman avec une reprise du classique Good Morning Little Schoolgirl ou encore Peaches Staten avec sa version de I know you love me de Tina Turner. Pour le final et le rappel tout le monde se retrouve sur scène pour faire monter l’ambiance d’un cran et se lever la salle qui chante  avec conviction The blues is allright avec les musiciens.

En résumé : tous les ingrédients d’une soirée blues étaient présent ce soir sur scène: une rythmique  musclée,  un guitariste incisif, un harmoniciste inspiré et une chanteuse tonique pour célébrer un style inusable et des compositions intempo

Ont collaboré à cette chronique :

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