(38) IsèreLa Source

23/11/2018 – Sarah McCoy à La Source à Fontaine

En première partie du concert, La Source accueille Ndobo Emma dans un univers feutré de brume légère. S’accompagnant de la guitare, sa voix chaude escalade les sommets avec fraîcheur. Que d’émotion sur Lotus Blossom de Michael Franks, extrait de son premier CD !

Discrètement, Sarah Kanane la rejoint aux claviers. Une mélodie cosmique et de  tendres vocalises s’envolent et murmurent May Be, Baby…  Séduisantes, elles terminent par des “Shalalala … I was feeling lonely”. Le deuxième CD est en préparation. Bon vent !

 


En deuxième partie, Sarah McCoy au piano, tempétueuse, s’impose sur la scène sombre où s’arriment de légers voiles blancs. Sa vie a longtemps ressemblé à un cauchemar depuis la mort de son père dont elle ne s’est jamais remise, passant par la Californie où elle vit dans son camion, puis enfin La Nouvelle-Orléans où elle débarque avec ses chiens. Ses chansons expriment son parcours avec lucidité, violence dans sa voix, mais aussi une reconnaissance à la vie et à sa mère qu’elle a retrouvée.

Le piano, très sonore, nous fait trembler. Sarah, décidée, précise, clame sa douleur, puis son chant devient tendre avec la ferveur des moments tristes. Sa voix traduit avec désarroi les fêlures de la mort qu’elle a approchée de près. Son morceau préféré retrace une période de sa vie difficile où elle était alors en conflit avec sa mère : Mamma’s Song. Elle implore « Mamma, Pray for me ».

Un autre favori, Someday, qui évoque la période où elle vivait dans son camion. « Fais aujourd’hui, pas demain, n’abandonne jamais ». Avec passion, conviction, outrance même, sa voix nous transperce. Le piano relaie la démesure de ses émotions. «Someday I won’t be so afraid, Someday I will be in my house…»

Le public l’acclame!

Évoquant les méandres de l’amour avec Turpentine Valentine, elle rit d’elle-même. Mais relatant une tentative de viol dans un parc, elle se souvient avoir eu peur de mourir. Le rythme est lent, la voix d’abord tonitruante, éclatante, retentissante, devient sourde et grave, un blues des origines, vrai et fort.

Avec Beautiful Stranger, nous découvrons une pépite, sur laquelle les notes coulent, puis les doigts frappent furieusement le clavier. Le chant traduit ses émotions fortes.

Beaucoup de dérision pour « la reine de beauté » qui concerne en fait une femme « carrément moche ». Sur Beauty Queen, sa voix traduit la douleur devant la réalité, ses cris déchirants marquent sa douleur.  Mais très vite, elle entraîne le public dans un rythme gai, fulgurant ! Les applaudissements crépitent !

D’une voix grave, chaude, son visage empli de sourires, de rires, alors que le piano se fait très léger, elle remercie la vingtaine de personnes que l’on ne voit pas, s’adressant au public en français, comme à des amis de passage. Les acclamations emplissent la salle.

Sarah McCoy ? Un tremblement de terre ! Son concert ? Des sensations extrêmes, et surtout un débordement  d’émotions ! Merci, Sarah !

Ont collaboré à cette chronique :

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