(69) RhôneLe sirius

25/11/2018 Romane et Daniel John Martin Quartet au Sirius

Il fait froid et humide en ce dernier dimanche de novembre. Avec le black friday, le week-end s’allonge dans une frénésie commerciale proposée par la société de consommation. Pour s’y opposer, certains proposent un green friday ! Et si l’on vous proposait de consommer juste pour cette fin de week-end ? Consommer de la bonne musique, celle où les notes sont à la bonne place et au bon moment. C’est au Sirius que cela se passe à 18H30, avec le rendez-vous mensuel que nous prépare le Captain’ Yves Abensour, qui reçoit le Romane et Daniel John Martin Quartet.

Dès la première composition du groupe, à paraître sur leur prochain album en janvier ou février prochain, les quatre musiciens ont convoqué les âmes manouches. Avec le violoniste parisien Daniel John Martin, Romane à la guitare, Julien Cattiaux à la guitare rythmique et Michel Rosciglione à la contrebasse, le quartet à cordes fait virevolter les notes. Le violoniste et le guitariste vont échanger les mélodies et les solos tout au long du concert, tandis, que la guitare rythmique et la contrebasse vont collaborer pour faire la “pompe” et assurer une rythmique appuyée.

Une autre composition du prochain album, Rue des Abbesses, le quartier du violoniste à Paris, nous transporte dans une ballade avec une mélodie douce et mélancolique qui nous emmène en promenade dans les rues de la capitale.

Avec Honeysuckle Rose, le quartet se lance dans la reprise des standards de jazz. Le dialogue entre le violon et la guitare de Romane est enlevé avec de nombreuses envolées de notes. Les cordes commencent à chauffer ! Lorsque le violon prend le solo, la guitare de Romane rejoint celle de Julien Cattiaux et la contrebasse de Michel Rosciglione pour renforcer la rythmique.

Anouman sera le premier hommage au maître Django Reinhardt. Romane fait une introduction passionnée de l’historique de ce titre, il nous précise que cette ballade date de 1952, un an avant la mort du fondateur du style manouche. Cette fois, l’alternance du solo de violon et du solo de la guitare, sculptent de la dentelle avec les cordes.

Romane nous propose ensuite, une de ses premières compositions Swing for Ninine, en référence à Ninine Garcia avec qui il a appris la guitare dans son adolescence à la Chope des puces. Le titre est empli de tendresse et d’émotion.

Nous aurons le plaisir par la suite d’écouter en alternance un répertoire qui mélange les standards de Django Reinhardt comme Manoir de mes rêves et Nuages bien sûr, dans une version mélodique et pleine de sensibilité. Mais nous aurons aussi la joie d’écouter de nombreux standards de jazz dans une version manouche comme, After You’ve Gone, Cheek to Cheek ou How High the Moon. Le violoniste posera sa voix sur la plupart de ces standards. Son chant donne un côté jazz des années folles et l’on se retrouve tout à fait dans l’ambiance de l’époque grâce à sa tessiture qui se prête parfaitement aux standards.

Le quartet va inviter à se joindre à lui des musiciens amis présents dans la salle, un saxophoniste et deux guitaristes, dont Judy Rankin, chroniqueuse à Jazz-Rhone-Alpes.com et passionnée de swing manouche. Ils vont jouer un titre dans ce style et le standard I Can’t Give You Anything but Love. Cette jam improvisée, confirme l’état d’esprit amical des musiciens et l’envie de partage.

Le quartet revient pour un hommage à Nat King Cole, avec une interprétation dans le style manouche de L.O.V.E. chantée par le violoniste. Le quartet de Romane et de Daniel John Martin pérennise les fondamentaux du jazz manouche et modernise le style avec l’apport du jazz classique. Le swing manouche est parfois décrit (à tort) à l’origine comme le mélange du jazz américain et de la java, le quartet le renouvelle et le régénère. Ce sera notre rayon de soleil pour ce dernier dimanche de novembre et un très grand plaisir musical.

Ont collaboré à cette chronique :

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