C’est le premier concert lyonnais du Lorenzo Naccarato Trio et c’est chez Mademoiselle Simone dans le cadre de la programmation du festival  Jazz à Cours et à Jardins  (Hors les murs but inside). C’est pourquoi François Dumont d’Ayot fait les présentations en évoquant la concrétisation de son désir de programmer le trio en terres lyonnaises. 

Introduit par l’archet frappant les cordes de la contrebasse d’ Adrien Rodriguez, le titre éponyme de leur second album Nova Rupta ouvre le premier set. D’entrée, on peut ressentir la complicité des jeunes musiciens. Si Lorenzo Naccarato est bien le compositeur du trio, la texture des arrangements est issue d’un travail collectif où chacun élargit à loisir la palette sonore pour offrir un réel son de groupe où l’instrument de Benjamin Naud est autant batterie que percussions, le piano volubile ou tonique, la contrebasse acoustique ou électrifiée. Sismograf  persiste dans cette veine alternant plages sereines et passages plus vifs. Himalayan Railway nous emmène, en piano solo, sur les traces du poète Henri Michaux après une courte leçon de solfège sur l’ambivalence du ré dièse et du mi bémol… Une contrebasse saturée rompt la solitude du voyage pour enchaîner Medicea Sidera qui conclut cette première partie en trio.

Le trio reprend le concert en évoquant le vol des étourneaux dans la sagesse d’Osmosis qui précède la tonicité de Heavy Rotation*  que ne démentit pas celle d’Animal Locomotion*, inspiré par les photographies cinématiques d’Eadweard Muybridge, donné en rappel. Découvert cet été, lors de la soirée dédiée au label Laborie Jazz, le Lorenzo Naccarato Trio n’a fait que confirmer notre impression estivale de révélation du festival Crest Jazz Vocal 2018 (voir ici). L’inventivité du trio qui évolue entre puissance et finesse, folie et sagesse, sans jamais tomber dans le cliché attendu, démontrant qu’il a assimilé ses influences pour créer sa propre musique, pleine de nuances, mêlant un sens aigu de la richesse  mélodique et de la rupture rythmique. Toute en mouvement, la proposition du jeune trio (pas 100 ans à eux trois…) a su capter, en une heure, un public de plein air le 31 juillet et un auditoire en mode dînatoire, en une heure quarante-cinq, ce 29 novembre.

Gageons qu’ici ou là, un programmateur ou un directeur artistique aura le bon goût de partager notre enthousiasme pour cette formation qui mérite l’intérêt du plus grand nombre.  À défaut, ou en attendant, les deux albums du Lorenzo Naccarato Trio sont sortis chez Laborie qui frise la cinquantaine de publications…

(*issus du premier album du trio)

Ont collaboré à cette chronique :

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