(38) IsèreJazz Club de Grenoble

29/11/2018 – Sabrina Romero en trio au Jazz Club de Grenoble

Le Jazz Club De Grenoble recevait ce jeudi Sabrina Romero bien connue dans le milieu jazzistique pour ses grandes qualités de compositrice, de chanteuse, de percussionniste et de danseuse. Elle présentait son spectacle Sonidos, “sons” en Espagnol, accompagnée par Edouard Coquard à la basse, au cajon, au wavedrum et aux palmas et par Cédric Baud à la guitare, aux palmas et au SazBass.

Tout d’abord quelques informations sur cet instrument qui est inspiré de l’instrument turc traditionnel à trois cordes le Saz. Celui de notre guitariste, revu et corrigé par le luthier Hervé Prudent, possède huit cordes accordées deux par deux à l’octave comme une basse en mi, la, ré, sol. Quant au wavedrum d’Edouard Coquard c’est un pad de percussion électronique disposant d’un grand nombre de sons ; celui-ci avait un son de tabla indien particulièrement réaliste.  

Le premier set débute par Bamberas, une introduction à la guitare avec une reverb qui spatialise le son, la voix de Sabrina Romero entre, de longues notes tenues, puis une complainte en espagnol, cette langue qui se prête si bien à l’expression de la mélancolie. Pour le solo de guitare, le morceau prend une tournure funky, le rythme s’accélère. Coquard à la basse et Roméro au cajon font tourner le morceau avec beaucoup d’énergie et de précision. Baud exploite toute la palette musicale de son instrument, de longues phrases puis des suites d’accords s’insérant parfaitement au rythme du morceau, belle démonstration de virtuosité.

Ce sont les claquements de mains à la mode espagnole, dits palmas, de Roméro et Coquard qui font débuter le morceau suivant Abuelita. Romero chante à la mode des chanteuses de flamenco, une voix chaude et profonde qui nous entraîne dans son monde. Puis vient le moment que tout le monde attend : Romero au centre de l’estrade en bois installée pour l’occasion danse, talons pointes qui claquent, les mains accompagnent les mouvements, les cheveux volent, le corps virevolte, le public n’a d’yeux que pour la belle, quel moment enchanteur.  

S’ensuit un duo entre Coquard au wavedrum qui a mis le son tabla et Baud au sazbass. On est vraiment surpris par la palette de sons de cet instrument qui, lorsqu’il est joué par un excellent musicien comme Baud, ne manque pas d’originalité et d’intérêt. C’est dans ce morceau que Coquard nous démontre qu’en plus d’être un très bon bassiste il peut jouer du cajon comme un grand percussionniste. Il enchaîne par un duo avec Romero, chacun sur un cajon ; accompagnée par Coquard, Romero se lance alors dans une danse flamenco où les claquettes impressionnent de virtuosité et de précision rythmique. Une bien belle manière de finir ce premier set qui a enthousiasmé le public.

Romero débute le deuxième set, accompagné par son seul cajon, elle chante une jolie mélodie de fort belle manière. Tout les musiciens se retrouvent sur scène pour Viva la vida un morceau avec des changements d’ambiances passant du chant presque a capella à des parties funky où chaque musicien peut se lancer dans des solos bien soutenus par la rythmique solide assurée par les autres. Dans le duo qui s’ensuit, Promesas, Romero au chant accompagnée par la guitare démontre qu’elle peut par sa seule voix faire passer toutes les émotions.

Dans Peplum, Romero et Coquard assis sur leurs cajons nous font une démonstration de palmas étourdissante de richesses rythmiques. Romero enchaîne seule avec son cajon puis, accompagnée par le sazbass et la percussion elle danse…

Magnifique spectacle, énergie, sensualité, grâce, des rythmes de claquettes ahurissants, une créativité de tous les instants, c’est par des cris que les spectateurs manifestent leur enthousiasme et leur joie d’avoir vu une telle prestation. 

Sabrina Romero a vendu tous ses disques !

Ont collaboré à cette chronique :

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