(69) Rhône

30/11/2018 – Kyle Eastwood Quintet à La Chapelle de la Trinité (Lyon 1er)

L’endroit est splendide le plateau annoncé l’est tout autant.
Kyle Eastwood, le beau gosse du jazz vient nous présenter son huitième album “In transit” dans cette magnifique chapelle du XVIIème siècle de la presqu’île de Lyon: La Sainte Trinité.
Une fois l’effet “waouh!” passé, je ne m’en lasse pas de cet endroit, notre cow-boy apparaît dans l’autel, il entre en scène quoi, avec son quintet haut de gamme   !
Kyle Eastwood c’est le respect de la  tradition du jazz, la modernité d’un musicien de son temps, dans le style guitar hero,  et l’évocation des grands espaces cinématographiques.

Pour la tradition les deux premiers morceaux d’influence be-bop respectent le modèle bien rôdé du lancement d’un thème qui laisse place à une succession de soli des différents protagonistes. Avec le niveau du quintet présent ce soir il est, dans tous les cas, impossible de s’ennuyer: du haut de gamme dans la virtuosité et l’inspiration.
On se rend compte très vite, et c’est une déception, qu’une chapelle n’a pas été conçue pour du son amplifié. Les sons graves, la basse surtout, en fait les frais, ce qui pour ce soir est un comble avec un contrebassiste en leader.

Pour la modernité, au troisième morceau Kyle Eastwood lance un séquenceur et prend sa guitare basse pour Swamp to an oasis du dernier album. Le son ne s’arrange pas pour autant pour lui, mais le morceau bien enlevé  nous fait frétiller sur notre chaise.
Suit une version somptueuse de Marrakech de l’album “Paris Blue”, mélodie implacable, ligne de basse entêtante et un solo de Brandon Allen au saxophone soprano de toute beauté.
Pour la partie cinématographique nous avons droit ce soir à une reprise de la bande originale de Cinéma Paradisio d’Enio Morricone : de la douceur en plan large.

Côté hommage nous avons entendu ce soir le morceau Jarreau composé par le très bon pianiste présent sur scène Andrew McCormack, et une reprise du fameux  Boogie Stop Shuffle de  Charlie Mingus.
Le son de basse s’est arrangé en fin de concert, il paraît que notre cerveau s’habitue et corrige la qualité du son perçu selon l’ingé son du soir (il est modeste me semble t’il).

Le dernier album “In transit” est le résultat d’un vrai projet de groupe, il est constitué essentiellement de compositions de plusieurs membres du groupe, la restitution sur scène est alors d’une grande fluidité et cohérence, un vrai bon moment de jazz.
Le public s’est révélé bien sage au final, nous n’avons eu droit qu’à un rappel avec le très bon “Movin”.

Souhaitons bon voyage à cette tournée “In transit” qui devrait faire quelques heureux.

Kyle Eastwood: contrebasse, basses ; Andrew McCormack: piano ; Chris Higginbottom batterie ; Quentin Collins: trompette, bugle ; Brandon Allen: saxophones

Ont collaboré à cette chronique :

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