(26) DrômeLe Calepin

01/12/2018 – Noga au Théâtre du Calepin de Montélimar

“Aller au-delà des mots” …

 

Noga est suisse. Elle est auteur-compositeur, plus compositrice qu’auteur, d’ailleurs, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est d’une profondeur infinie…

Un grand jazzman a dit un jour, de son univers : “It’s a magical world !”. Et c’est bien vrai. Avec ses complices, Olivier Koundouno, insolent de facilité au violoncelle, et Patrick Bebey, au piano et au senza (ce petit piano à pouces africain), Noga nous a entraînés dans cet univers si particulier mais si riche, qui nous renvoie au plus profond de notre être.

Sur la scène du Théâtre du Calepin, Noga est venue présenter son dernier album, “Next”. Son huitième, à titre personnel. Chacun de ses albums est l’expression d’une de ses tranches de vie. Son album “Laisser partir” était déjà chargé d’une beauté intime prenante.

Noga est libre. Libre de toute influence, mais justement libre aussi de se laisser happer par toutes les influences musicales du monde. Des influences qui la nourrissent, qui peuplent tout son univers et dont elle nous fait évidemment profiter, au travers de ce qu’elle en a fait.

Quant à sa voix… c’est un bijou, un bijou qu’elle partage sur la scène en mêlant à la sienne celle, parfois, de Patrick Bebey.

Après des débuts en cabaret jazz, Noga a poursuivi sa route, aux multiples bifurcations. Si tous les chemins mènent à Rome, tous ses chemins nous ramènent à notre état de conscience. La musique de Noga on ne l’écoute pas, on la vit. Elle s’insinue en nous et nous remplit. Et lorsqu’on s’en rend compte, c’est déjà trop tard, elle nous a pris dans les mailles de son filet (de voix!), et c’est un véritable enchantement.

Derrière le style bien affirmé, il y a l’évasion, l’évasion qu’elle offre aux détours de chacun de ses morceaux. Et ça libère tellement… Si, aujourd’hui, la musique “qui porte en transes” est surtout la musique électronique, porteuse de rythmes sourds et récurrents qui peuvent entraîner… loin, Noga, c’est un résultat à l’identique, dans une construction artisanale. On sent, dans chacune de ses créations, cette musique organique qu’elle veut porter haut.

Une artiste à écouter, à écouter encore et sans aucune modération puisque, au prochain concert, on sera déjà partis dans une autre atmosphère.

C’est bien là la force de la musique : nous transporter à chaque fois dans une nouvelle galaxie…

Ont collaboré à cette chronique :

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