(69) RhôneBémol 5

22/12/2018 – Camille Thouvenot Trio au Bémol 5

Direction le Bémol 5 ce soir pour entendre Camille Thouvenot, ce jeune pianiste qui est l’un des plus prolifiques de la région : Djoukil, Dreisam, La & Ca Project, Foolish Ska Jazz sans compter les jams du Sirius  et j’en oublie. Le concert débute par une composition du pianiste et leader  Valse au carré.

Ce trio récent est composé de musiciens aguerris avec Christophe Lincontang à la contrebasse et le toujours surprenant Andy Barron à la batterie.

Comme cela avait été évoqué avant le concert nous entendrons nombre de standards comme ce Moanin’ de Bobby Timmons immortalisé par les Jazz Messengers. Camille nous en propose une version toute personnelle , celle d’un musicien capable de prendre des libertés tout en respectant l’esprit initial du morceau.

On retrouve tout de suite après deux thèmes de Benny Golson également joués par les Messengers : Along came Betty et l’incontournable Whisper not avec une introduction toute différente de l’original avant l’exposition du thème que tout le monde reconnaît. Quoique, ici encore Camille s’est bien lâché dans l’arrangement, insufflant à ce tube parmi les tubes une jeunesse bien vue.

On calme le jeu avec une ballade bienvenue, Ma méditation issue du dernier album du Dreisam Trio « Up Stream » où Camille officie depuis ses débuts. Belle occasion de laisser du jeu à Christophe Lincontang et Andy Barron qui excellent dans ces passages lents.

On revient sur un standard débuté d’une façon très free et improvisée où, après un long moment, on reconnaît le thème de On à green Dolphin Street de Bronislau Kaper. Là, ce n’est plus un arrangement mais une véritable réappropriation que commettent Camille et ses sidemen.

Fin du premier set sur Work song de Nat Adderley (le frère de Canonball) repris sur un tempo très up où les trois nous montrent le plaisir qu’ils prennent à le jouer speed.

 

Le second set est entamé avec une composition Maestro écrite pour l’oncle de Camille, Roland. C’est vif et enlevé à souhait.

Suit un Alone together que l’on aurait eu bien du mal à reconnaître tellement il y a eu de la « broderie » dessus. Le morceau débute par un solo de contrebasse où très vite Christophe Lincontang nous montre (une fois de plus) sa maîtrise évidente du groove. Impressionnant !

Il est rejoint quasi subrepticement par ses compères et le morceau s’envole.

Nardis subit le même ravalement, l’esprit est là et la façade toute pimpante.

Suit une composition Josselin, on a bien une petite idée d’où cela peut venir. Toujours est-il qu’Andy en profite pour nous offrir une magnifique séquence aux cymbales. Une créativité hors-pair qui fait plus qu’orner cette composition.

Seven years se présente comme une sorte de tango (surprenant ici) qui va prendre son envol pour laisser place à un chorus vitaminé à la batterie.

On poursuit avec une autre composition Couleurs d’Automne, extraite du dernier CD du groupe La&Ca, plus calme et colorée, forcément.

Le concert se termine avec Caravan de Juan Tizol (et Duke Ellington). Encore une version bien énervée, plutôt peu commune.

Nous avons passé une excellente soirée au Bémol 5 avec un trio haut de gamme, rutilant et jubilatoire.

Ont collaboré à cette chronique :

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