(69) RhôneHot Club

28/12/2018 – Parker Shper Trio au Hot Club de Lyon

En 2015, au cours d’un vol transatlantique, le plus lyonnais des batteurs américains, Sangoma Everett, se trouve assis à côté d’un jeune homme. La conversation s’installe, des banalités s’échangent et puis vers la fin du vol ils se découvrent musiciens de jazz tous les deux. Parker Shper est pianiste, originaire du Vermont (USA) il est désormais installé à Montréal. Seconde coïncidence, son épouse est française et lyonnaise.
La rencontre devient évidente. En 2016 Sangoma organise le premier concert de Parker Shper à Lyon, au Hot Club. Ben Guyot pressenti pour constituer le trio est tombé malade et a dû céder la place à Patrick Maradan. A l’époque toute la famille française de Parker avait remplie la salle du Hot Club de Lyon.

Rebelote ce soir où le trio avec Ben Guyot revient en forme. Et la salle est pleine de la belle famille de Parker, de voisins, de copains, une vraie cousinade. Moins de dix personnes ne font pas partie du cercle mais seront quand même très chaleureusement accueillies.

Ce trio est une rencontre, alors il va classiquement proposer un répertoire de standards et quelques compositions du pianiste.

Le premier set débute avec Wee see de Monk. Le ton est donné, c’est propre à souhait, superbement interprété avec des musiciens qui se régalent autant que nous et jouent avec le thème.
On passe à Bill Evans avec ce qui s’avère être son titre phare Waltz for Debby avec une magnifique intro au piano et une reprise très swinguante et fraîche. Un arrangement innovant qui cache bien son jeu et ce n’est que vers la seconde moitié du morceau qu’on retrouve nos petits et qu’on identifie le morceau. Un vrai régal.
On ne pouvait que passer par Michel Petrucciani et Sangoma Everett nous livre un arrangement fouillé de Brazilian Like dans une structure « bizarre » 14/14/8. Là encore que du bonheur.
Et ça continue avec When I fall in love puis une polémique se fait jour sur scène, les musiciens ne savent plus si Take the Coltrane est d’Ellington ou de Trane, qu’importe, ils le jouent et c’est tant mieux.
Ce premier set se termine avec un hommage à Enrico Rava, trompettiste italien.

Après la pause bar où tout le monde s’est retrouvé en famille on reprend sur un thème très classique d’Ellington Mount Harissa, puis on change diamétralement de style avec un morceau d’Alice Coltrane et Pharoah Sanders Journey qui tourne très free et surprend une bonne partie de l’auditoire qui avait été installé dans une zone de confort et se voit sortir de sa torpeur d’une façon intrigante.

Dans la nombreuse famille de Parker Spher se trouve un beau-frère, Damien Priest, qui a composé un morceau et le trio le reprend en présence de l’auteur qui vit son moment de gloire.

Suivent encore quelques standards de la même eau que précédemment.

I heard it through the grapevine rameute tout le monde. Dommage pas la place pour danser alors ça chante. Sympa!

Pour le rappel Sangoma nous réserve une surprise et appelle sur scène son petit-fils Martin, huit ans, qui reprend à la trompette le thème Mo’ Better Blues de Bill Lee (le père de Spike). Le gone s’en sort à merveille avec les encouragements chaleureux du public. Le grand-père exulte. Je ne me rappelle pas avoir vu un musicien si jeune dans un concert d’adultes au Hot Club de Lyon.

Ainsi se termine cette belle soirée en famille autour de Parker Shper. A refaire pour la sortie de son premier album d’ici quelques mois.

Ont collaboré à cette chronique :

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