(69) RhôneBémol 5

12/01/2019 – Jérôme Duvivier Trio au Bémol 5

Ah! Il y avait quelques amis au Bémol 5 pour écouter le trio de Jérôme Duvivier  (Jérôme au chant, Gilles Lachenal à la contrebasse, Joachim Expert au piano). Ils sont venus, ils sont tous là les aficionados (Christine, Bernard, Jacques, Stéph…), les amis de toujours (Pierre Latreille, Fred Allérat ; Adèle est excusée ; elle chante ici même le lendemain avec le trio Angélika…) Et puis tous les autres que j’oublie ou ne connaît pas: salle comble quoiqu’il en soit, où Caroline et Yves nous font un si joli accueil.

Nous savions que nous aurions droit à un concert intimiste, plein de musicalité : les membres du trio n’ont plus à faire leur preuve puisque dans la région nous savons leurs multiples activités et participations à diverses et brillantes formations. L’appareillage de ces trois là ne pouvait décevoir. Et nous avions aussi un devoir de rendre hommage au fondateur de Voix sur Rhône (vingt ans déjà !). Le fondateur de cette école de jazz a formé au C.R.R. quelques élèves dont les noms ne vous sont pas inconnus: comme Célia Kaméni, Clémentine Vacher, Claudine Pauly. Le respect des personnes, l’écoute des talents naissants, le libre cours laissé à chacun(e) de l’épanouir dans un accompagnement non directif, et la gentillesse de Jérôme ont toujours été l’esprit de cette école.

Cet esprit se retrouve en concert au bémol 5 (ou les enseignants de Voix sur Rhône comme les élèves sont régulièrement invités à se produire: puisque l’école de la scène est indispensable): Jérôme, Joachim et Gilles se partagent bien heureusement de beaux chorus dans des versions jazz originales de chansons françaises ou de compositions : après une introduction en duo piano-contrebasse sur If I should loose you– je vous passe toutes les épithètes d’éloges que méritent les interventions de Gilles et Joachim), Jérôme  (chapeau Monsieur, pour l’occasion!) propose un répertoire qui va de Brassens… ah! le chouette chorus à capella à la voix avec des contre-chants magnifiques de contrebasse! Ah les belles modulations ente les couplets et refrains dans « je m’suis fait tout petit devant une poupée »(mais c’est terrible, ces coups d’ombrelle!)… à Michel Legrand en passant par Nougaro (des claquettes à 5 temps pour la Pluie, ça réveille la météo embrumée de janvier) ; ou par un blues de Mr Almosnino (Salut jean-Louis!: ton blues est devenu Les lutteuses sous la plume de Jérôme et dans son chorus vocal, il y aura du bémol 5 et aussi du bémol 9, pourquoi se l’interdire?) Jacques Brel, voit sa Chanson des vieux amants réharmonisée en diable, mais pas à la diable, et il entend d’outre-tombe un scat vocal inventif. La musique en fait n’ a pas d’âge et Jérôme aura toujours vingt ans.

Le second set sera aussi très divers avec la mise en musique d’Hugo, son trou Normand (Le temps des copains façon bossa nova), sa Bohème à cinq temps (Aznavour) et quelques autres Charlie Haden et autre Duke Ellington (I’m begining to see the light…pardon sa version biblique: Que la lumière soit)

Nous apprécions la manière toujours originale dont Jérôme traite les thèmes et en renouvelle l’écoute. Nous apprécions aussi les versions simplement swing de thèmes comme C’est si bon ou l’humour de ces formules en duo où Gilles le bassiste se fait chanteur et le chanteur Jérôme se fait bassiste (A la voix bien sûr. A la contrebasse, c’est dans la prochaine vie!)

Bien sûr nous eûmes non des orages, mais un bis dans lequel le chorus vocal de Jérôme se fait virtuose (qui veut se lancer à la voix dans la double croche?) et aussi un p’tit boeuf, un bœuf mode « blues en fa », sauce Monk concoctée par Joachim, avec des chanteurs: Fred et Isabelle et des pianistes: Pierre, Bernard (voir la liste susmentionnée des amis et aficionados).

Un chouette moment au Bémol 5!

Ah! quand paraîtra cette chronique vous aurez peut-être manqué le Trio Angélika!

Allez, il y aura d’autres dimanches!

Ont collaboré à cette chronique :

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