(69) RhôneMusée des Confluences

19/01/2019 – Tango : hommage à Astor Piazzolla avec Daniel Mille au Musée des Confluences

En lien avec l’exposition « Hugo Pratt, lignes d’horizons », visible jusqu’au 24 mars, les « Vibrations du Monde » du  Musée des Confluences nous offrent un voyage musical en Argentine, patrie du bandonéoniste Astor Piazzolla à qui hommage est rendu par le quintet de l’accordéoniste depuis l’enregistrement de  « Cierra tus ojos » à l’automne 2014. Les gradins de l’amphi sont remplis face à une scène sobrement occupée par quatre sièges, quelques micros et retours sous un écran blanc qui occupe tout le fond de scène. La lumière s’éteint, l’écran annonce la couleur, en noir et blanc :

« Tango » hommage à Astor Piazzolla
Daniel Mille accordéon
Grégoire Korniluk violoncelle
Paul Colomb violoncelle
Frédéric Deville violoncelle
Diégo Imbert contrebasse

Nous lisons, entre autres, qu’Hugo Pratt a vécu treize ans en Argentine…

Les musiciens s’installent et entament Melodia en La Menor sous des projections de dessins et phylactères issus de l’album Tango, vingt-septième aventure de Corto Maltese. Applaudissements nourris, le rideau noir se ferme irisé de lumière rouge.

Daniel Mille fait les présentations et met un visage sur les noms que nous découvrions quelques minutes plus tôt. S’ensuivent Llueve sobre Santiago (musique du film « Il pleut sur Santiago »), Vuelvo al sur (du film « Sur »), Milonga del Angel, Chiquilin de Bachin, Adios Nonino. Daniel Mille nous rappelle qu’Astor Piazzolla n’a pas composé que des tangos, des milongas et des musiques de films, mais aussi de la musique religieuse. Ave Maria (composé quelques temps avant sa mort en 1992), joué par Daniel et Grégoire, précède Oblivion (du film « Henri IV »), interprété essentiellement en duo accordéon/contrebasse avec quelques mesures de Grégoire Korniluk. Après Milonga para tres, l’accordéoniste présente à nouveau ses talentueux complices avant le dernier morceau : Cierra tus ojos y escucha. Enchanté, l’auditoire  obtient en rappel l’incontournable Libertango. 

Le quintet a bénéficié de l’acoustique idéale de l’amphi, d’une sonorisation parfaite, de lumières délicates. La subtilité des arrangements,  la virtuosité des musiciens, l’intemporalité des compositions nous ont transporté pendant une heure vingt, loin des frimas d’entre Rhône et Saône,  dans la chaleur argentine du grand frère tango et de sa petite sœur milonga.

Entre deux dédicaces, Daniel Mille nous confiait, à l’issue du concert, qu’il avait craint le jugement des puristes : jouer à l’accordéon des œuvres créées pour le bandonéon ! Il a bien fait d’aller au bout de son projet et de s’adjoindre de tels accompagnateurs. La petite-fille d’Astor Piazzolla a d’ailleurs assisté à l’un de leurs concerts, et a, elle aussi, beaucoup apprécié… 

Prochain rendez-vous en lien avec Hugo Pratt, concert dessiné, en partenariat avec le festival Jazz à Vienne et le festival international de la BD d’Angoulême, avec le dessinateur Rubén Pellejero et la chanteuse Julia Sarr, le samedi 23 février… Vibrations africaines à l’horizon…

Ont collaboré à cette chronique :

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