(38) IsèreSalle Stendhal

20/01/2019 – Michel / Regard / Origlio Trio à la Salle Stendhal à Grenoble

Il l’annonçait d’emblée : « Je vous informe que nous jouerons, Jérôme Regard, Marc Michel et moi-même un tout nouveau répertoire… » Le SAV de Jazz Rhône Alpes répond à la convocation, en mission en cette fin d’après-midi hivernal, c’est aussi ça le service…

Alfio Origlio, puisque c’est lui, enchaîne les projets, c’est ça aussi le jazz très vivant…  De la formule traditionnelle du trio, il la renouvelle encore par le choix de ses musiciens et même si pour l’occasion il retrouve un vieux complice à la contrebasse, les deux vieux renards adoptent ce soir un batteur, plus jeune, qui fait désormais partie du clan. Première prestation publique à l’heure du thé pour nous montrer son travail le plus récent, roder quelques nouveautés mais aussi comme toujours redonner ses compositions qu’il façonne inlassablement, presque inexorablement avec toutes ses formations en les recomposant systématiquement, c’est désarmant… Comme pour désorienter les fidèles aficionados, ce seront les nouveautés apportées par Marc Michel qu’ils vont donner en primeur.

After Dark commence par un long solo de la contrebasse de Jérôme Regard ; l’ambiance générale est effectivement différente, ils s’y plongent avec une délectation communicative, puis Choices, le lyrisme est premier jusqu’à ce qu’ils chahutent le paradis sur un tracteur* survitaminé, explosif. Primeur encore, mais là c’est un thème d’Alfio, avec Nuna et sa spéciale dédicace, pour sûr cet aria sera un futur standard du pianiste/compositeur.

Il se passe quelque chose de très particulier entre Alfio et Marc, ils ne se quittent pas des yeux, s’écoutent éperdument, se surprennent, Alfio semble mettre un malin plaisir à dissimuler ses développements il les veut imprévisibles, il y a presque provocation, mais le batteur a du répondant, de l’original, du musical. Jérôme titille ses compagnons, pousse, ses extrêmes basses tirées tout près du chevalet sont redoutables. Avant d’enchaîner une série de relecture des désormais standards du pianiste/compositeur une dernière du batteur avec Mobius, ses compositions apportent des ambiances très nouvelles dans l’univers d’Origlio, leur souffle est davantage dans les suites d’harmonies que dans les mélodies.  La sérénade à Loulou du moment sera très énervée ainsi que La Didonade et Tantine La Roue, pour chaque thème l’arrangement sera particulièrement autre que ceux que nous avons pu entendre, la présence de ce batteur « spécial » en est peut-être aussi l’une des raisons les nuances sont extrêmes, les changements de rythmes nombreux, les breaks presque improbables, les nouveaux arrangements singulièrement très percutants.

Et même si nous sommes entre nous ou peut être en est-ce la cause, un bis s’impose Alfio envoi en solo sans informer ses compagnons il triture un truc à lui, ah oui ! on connait, on s’y engouffre et nous, nous étions absolument attentifs pour cette première rencontre.

P.S. : en fin de concert, comme nous sommes tous comme dans un espèce de salon, je fais le tour des set listes de chacun laissées là, sur ou à côté des pupitres, elles ne sont pas les mêmes….

 

*: Tracteur paradise

Ont collaboré à cette chronique :

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