(38) Isère

02/02/2019 – Jazz à Saint Hilaire de Brens

Campagne ne rime pas forcément avec désert culturel. Penser que seule la ville produit des spectacles serait une fausse idée. Au contraire, il s’y passe souvent beaucoup de choses. Les initiatives sont nombreuses qui cherchent à resserrer les liens sociaux et à impulser une dynamique. C’est le cas du petit village de Saint-Hilaire de Brens, proche de Bourgoin-Jallieu, qui propose toute l’année concerts et animations, via l’association « Mont Bel Air Animation ». Parmi les nombreux impliqués de cette vie associative, on trouve la famille Spirli Fiorio, bien connue des aficionados du jazz. Leur programmation est éclectique mais elle mérite surtout de rappeler que la musique, le spectacle, l’art en général est avant tout affaire de coups de cœur.

L’année passée, pour la fête de la musique, l’association avait reçu quelques élèves du conservatoire Hector Berlioz de Bourgoin. Le courant était passé et le jazz prenait toute sa place au village. De nouveaux, ces mêmes revenaient, hors cadre de l’école, mais accompagnés par leur prof, le saxophoniste Laurent Richard, pour deux sets, très intéressants.

Le premier était assuré par un combo d’élèves de deuxième cycle. Le répertoire, en plus des standards classiques, était rehaussé par quelques morceaux du guitariste Serge Lazarevitch, en résidence à Bourgoin toute l’année. Un beau moment à la fois groupal, avec quelques envolées en solo et un groove permanent.

Le second set proposait des morceaux de plus haute facture (compositions du duo Charlier Sourisse mais aussi de Jérémy, le vibraphoniste de la soirée, présentant bientôt le CEM) avec cette même assise rythmique et cette aisance dans les thèmes et les solos. Un très bon moment de jazz, loin du scolaire, avec bœuf pour clore la soirée.  Difficile de mentionner tout le monde, chacun jouant à un bon niveau et épaulant le groupe. Cette initiative me rend joyeux. Au-delà du plaisir à entendre ces formations, c’est toute l’intelligence de la transmission qui s’opère : du prof à l’élève (le prof est aussi un concertiste et un artiste accompli), de l’artiste en résidence qui vient impulser un savoir faire et un élan à l’élève, de la petite commune qui soutient ces initiatives et les relaie aux futurs musiciens qui s’emparent de leur art pour devenir autonomes. Ça s’entend et ça se voit. Applaudissement général.

Ont collaboré à cette chronique :

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