(69) RhôneAuditorium de Villefranche

09/02/2019 – Les 40 ans du Big Band de Villefranche-sur-Saône à l’Auditorium

C’est le jour! Ils sont venus ils sont tous là pour fêter les quarante ans du Big Band de Villefranche-sur-Saône.

Un monsieur tout timide vient chercher sa place à l’accueil auprès de Constantine, figure emblématique du lieu, “bonjour je suis Philippe je vous ai eue au téléphone, je viens de Paris, j’ai été le premier musicien du big band embauché par Georges Aubert”. Retrouvailles.

Désormais, Christophe Metra, qui fut élève dans cette formation, la dirige. Transmission.

Beaucoup d’émotion sur le plateau. Cécile Jacquemont, directrice artistique de l’Auditorium de Villefranche-sur-Saône, devra écourter son introduction, Christophe Métra est au bord des larmes pour présenter Georges Aubert. Un sacré pedigree, un visionnaire de la musique.

En 1979, une première dans la région, il crée une  classe de jazz dans un Conservatoire municipal (L’E.N.M. de Villeurbanne a été créée en 1980 et le département jazz du C.R.R. de Lyon en 1988). Son objectif, l’improvisation. Deux ans après il fonde le Big Band qui remporte rapidement un gros succès auprès des élèves puis du public. Georges Aubert va émailler le concert de points d’histoire de cette formation (Les échanges avec les écoles de musique de Doncaster au Royaume-Uni et Bühl en Allemagne, …) , on voit quelques photos anciennes où l’on a du mal à reconnaître les jeunes David Sauzay, Rémi Gaudillat, Christophe Métra et d’autres, il insiste sur la diversité des styles musicaux à intégrer au répertoire. Pendant vingt-neuf ans il assurera la direction de cette formation. Et, on le verra par la suite, ce big band touche à tout ce qui s’approche du jazz. Il est parfois bon de savoir d’où l’on vient.

Le set débute avec The Best of Earth, Wind and Fire où l’on reconnait bien sûr les principaux tubes de ce groupe mythique de l’ère « disco ».

On pratique de suite l’alternance avec un Tribute to the Duke, où là encore on retrouve  quelques uns des thèmes phares du pianiste-compositeur-chef d’orchestre.

Arrive la première composition de Georges Aubert, Flamencorient, qui débute par solo de trombone orientalisant en passant sur un chorus de guitare très électrique avant de s’arrêter du côté de l’Andalousie. Un mélange des genres des plus agréables.

Blues for Pablo de Gil Evans où Maxime Bouty reprend la partition de Miles Davis, pas moins !

Tribute to Miles où l’on retrouve quatre thèmes emblématiques du grand trompettiste habilement fusionnés et devant, en soliste, la jeune Émilie Caumeil (que ceux qui fréquentent Jazz à Fareins connaissent bien), et un solo de Maxime Prébet à la batterie qui a tout donné.

Retour à du funk avec Go down Gamblin’ (de Blood, Sweet and Tears) funky à souhait et ça envoie du pâté.

Changement complet d’ambiance avec Misterioso de Monk sur un arrangement magnifique de Michael Abene qui nous offre une relecture très fournie et complexe de ce thème magique.

Good news de Bob Mintzer avec un « duel » de trombones : Héliodore Perrot et Lucas Desroches.

Ecclusiastics (Charles Mingus / Arrangement : Sy Johnson) un morceau très bluesy qui devient vite festif.

A night in Tunisia (Dizzy Gillespie) dans un arrangement un peu confus, un peu trop salsa à mon goût.

Pour finir, le big band a choisi un thème très rock et électrique, un morceau de Jimi Hendrix (Georges Aubert rappelle qu’il été question d’un album entre Jimi Hendrix et Miles Davis, mais que la mort prématurée du guitariste en a décidé autrement) : Crosstown traffic;  pour l’occasion Alain Reezé, premier professeur de guitare électrique du Conservatoire, reprend du service et enflamme le parterre avec son instrument et sa voix.

Fin du concert sous des applaudissements soutenus; Georges Aubert est ovationné. Christophe Metra est encore très ému. On le serait à moins.

Rappel avec une seconde composition de Georges Aubert, Mecano Funky, qui était aussi le titre d’un CD du Big Band.

Ce big band est une jolie machine qui tourne à merveille, les solistes n’hésitent pas à prendre des chorus enlevés et il nous a régalé pendant plus d’une heure et demie. 

Seconde partie le 11 juin au Théâtre de Villefranche-sur-Saône avec de nombreux invités, gâteaux et bougies. La billetterie est ouverte et démarre bon train (contact@concertsauditorium.fr).

Le Big Band version 2019:
Emilie Caumeil, Cléobule Perrot, Maxime Bouty, ‌Florian Dumas, Elodie Berger, Joannès Alberto Jacquemont: trompettes
Sylvain Thomas, Damien Champalle, Héliodore Perrot, Lucas Desroches: trombones
Victor Maisonneuve , Christophe Guzzoni, Romaric Blanc, Théophile Gagnard, Franck Malloggi: saxophones
Matthieu Chevallet puis Alain Reezé: guitares
Elisa Metra, Alexandre David, Yves Desjardins: piano
Dorian Janin: basse et contrebasse
Maxime Prebet, Tom Bain: batterie et percussions
Christophe Metra: direction

 

 

Ont collaboré à cette chronique :

X