(38) IsèreJazz Club de Grenoble

14/02/2019 – Youssef Remadna Quartet au Jazz Club de Grenoble

C’est une bande de copains amoureux du blues qui se produit ce soir au Jazz Club de Grenoble. Des copains, mais surtout des professionnels, la fine fleur du blues en France. Ils se sont produits dans toute l’Europe, mais aussi plusieurs fois aux Etats-Unis (Youssef Remadna  a fait ses classes à Chicago).

Issu des rives du Mississippi, le blues a accompagné le peuple noir américain vers les grands centres industriels, dont Chicago, Philadelphie, New York et vers Détroit avec les guitares électrifiées.

Dès le premier set, la variété de cette musique, traînante ou rapide, enjouée même, accompagne la voix de Youssef. Celui-ci passera de l’harmonica à la guitare, nous éblouissant de sa voix profonde et grave.

Quand la clameur de l’harmonica retentit, lancinante, triste, sur un rythme lent, la voix rugueuse, prolonge la peine. Les instruments pleurent, vibrent longuement. « … Why don’t you come back to me ? … » Le public est déjà conquis.

Très vite, Youssef prend sa guitare. On sifflote, on tape des mains, la batterie et la basse, très présentes, entourent Stan à la guitare électrique dans son échange avec le chant.

Un boogaloo, mélange de soul, de rythm’n blues et de rythmes afro-cubains, traduit l’énergie soul noire du début des années soixante.

Avec un regard un peu coquin, Youssef annonce Lollipop Mama, ce morceau qui l’émoustille. Avec de grands sourires, Stan à la guitare s’éclate ! On a envie de danser ! Youssef fait corps avec son instrument, et n’en décolle pas !

Le second set est tout aussi plein de sensations. Baby, Scratch my Back, puis Bad Boy mettent l’ambiance!

Avec une tendresse un peu triste sur un thème de Chester Arthur Burnett, surnommé The Howlin’ Wolf (le loup hurlant), la voix chaude de l’harmonica nous emmène en campagne.

Deux invités rejoignent le groupe : Mike Greene, au chant et à la guitare, et Philippe Boyer à l’harmonica. Quelle puissance ! Quel éclat !

Un morceau New-Orleans, plein d’entrain, puis I Hear You Knockin’, Baby de Lazy Lester nous ravissent avant le petit dernier, un solo de basse, puis de batterie, très enlevé.

Pour remercier le public amateur de jazz, le rappel sera de Duke Ellington, Don’t Get Around Much Anymore, l’harmonica haletant répondant à la guitare électrique !

Le blues a conquis le Jazz Club de Grenoble !

 

Simon “Shuffle” Boyer : batterie, Christophe Garreau : basse, Stan Noubard Pacha : guitare, Youssef Remadna : chant, harmonica, guitare rythmique14

Ont collaboré à cette chronique :

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