(38) IsèreJazz Club de Grenoble

28/02/2019 – José Fallot Sextet au Jazz Club De Grenoble

Ce jeudi le Jazz Club de Grenoble accueillait le sextet de José Fallot. Contrairement à la coutume, c’est José Fallot lui même qui en début de set a présenté les musiciens qui sont entrés un par un sur scène.  Une belle manière de créer tout de suite un lien avec le public.  Il y avait Etienne Brachet à la batterie, Sylvestre Planchais à la guitare, Pierre Olivier Govin au saxophone, Pascal Bivalski au vibraphone, Alfio Origlio au piano et enfin Carole Sergent aux chœurs, transformant par sa présence ce sextet en septet.

Ce qui étonne dans la composition de cet orchestre c’est le grand nombre d’instruments harmoniques, guitare, piano, vibraphone, surtout que José Fallot  avec sa basse six cordes ne se prive pas de faire des accords. La force de ce groupe c’est la capacité des musiciens à laisser de la place aux autres et à jouer de chaque instrument de façon à ne pas surcharger l’environnement musical, une belle performance.

Les morceaux qui vont être joués sont extraits d’une trilogie d’albums qui se nomme “Another Romantic” titre d’un morceau de Michel Petrucciani.

Le premier morceau, Jumeau, un cinq temps, mais pas que, est extrait du  second album de la trilogie. Un thème latin exposé avec tous les instruments suivi par quelques variations vocales notamment. Avec la première improvisation au saxophone de Pierre Olivier Govin, le saxophoniste démontre sa belle capacité d’improvisateur, les phrases de bopper se succèdent soutenu par une rythmique d’enfer. C’est Alfio Origlio au piano qui enchaîne, possédant cette capacité à construire  avec bonheur une improvisation où alterne les phrases rythmiques avec des phrases où la main droite enchaîne avec virtuosité des suites mélodiques. Pour l’improvisation à la batterie, on quitte le cinq temps et, soutenu par une phrase répétitive, Etienne Brachet nous fait une belle démonstration de ses capacités. Pour Lou le morceau suivant, José Fallot nous fait une introduction en arpège avec sa basse six cordes soutenu par la batterie et des accords à la guitare puis se lance dans une belle improvisation avant que le thème ne démarre. Pascal Bivalski au vibraphone exploite à merveille les possibilités de ce bel instrument, musicalité, richesse du phrasé, placement… tout est présent lors de son improvisation.  Les doigts de Sylvestre Planchais à la guitare courent sur le manche dans une improvisation très bien construite avec un beau phrasé.

Sur On the Ground, un morceau en sol, les anglicistes comprendront, ça groove, ça pulse, ça chauffe, un bon thème modale bien funky, chaque musicien y prend plaisir ainsi que le public.

Les morceaux se succèdent avec toujours un beau travail de composition et d’orchestration réalisé par José Fallot. Il a réussi la gageure avec tous ces instruments harmoniques que chacun d’entre eux ait sa place et arrive à enrichir chacun des morceaux. C’est la particularité de ces compostions que ces excellents musiciens aient pu s’exprimer tout en étant complètement intégrés à la démarche musicale de José Fallot.

Je ne voudrais pas finir cette chronique sans parler de Carole Sergent qui tout au long de cette soirée a ajouté une note de douceur lors des chœurs qu’elle a faits sur les compositions de José Fallot et qui nous a chanté Look to the sky  une bossa nova d’Antonio Carlos Jobim, un moment de grâce dans cette soirée jazz fusion très réussie. 

 

Ont collaboré à cette chronique :

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