(38) IsèreLa Belle Electrique

13/03/2019 – Christian Scott à La Belle Electrique

L’orchestre démarre en trombe ! Weedie Braimah impressionne au djembé par sa vivacité. Christian Scott, bandeau sur la tête, imposant collier doré sur la poitrine et massives bagues aux doigts, fait claironner son instrument. Il est chaudement accueilli.

Puis, Logan Richardson, blouson noir et casquette tournée, sur un solo de saxophone alto, très puissant, entraîne l’ensemble dans sa clameur. Le chant des soufflants impressionne par sa fougue.

Christian tapote le tambourin, accompagnant la batterie et le djembé. La voix chaude du sax, mélodieuse, s’enrichit des notes claires du piano, et virevolte. La contrebasse, rapide, contribue à la magie du morceau. Le sax, charmeur, court de plus en plus vite. La salle s’enthousiasme !

Christian aime le clinquant, mais aussi le contact avec le public. Il présente avec plaisir (en anglais américain) sa musique issue du jazz sans avoir peur de le mêler, même si ça ne plait pas à tous, de funk, de soul, de pop et de hip hop.

En bon businessman, ce qu’il assume, mais aussi en musicien créatif, il rappelle les trois CD enregistrés en 2017 : La trilogie du centenaire, une série commémorant le centième anniversaire des premiers enregistrements de jazz.  Il y traite des difficultés sociales et politiques du monde qui perdurent, des inégalités entre les hommes, du fait de leur sexe, de leur couleur, de leur orientation ou tout simplement de leur entité sexuelle.

Parmi les circonvolutions de lumières en fond de scène, Laurence Fields au piano, sur un long solo cadencé, introduit l’ensemble. La trompette, toute-puissante, vibrante, aux sonorités variées et flamboyantes, s’accompagne du jeu énergique de la batterie. Le couple saxophone – trompette renforce la dynamique éblouissante. De longs faisceaux de lumière bleue se déversent vers le public conquis. 

Christian nous parlera aussi de Stretch Music, de la considération des êtres humains entre eux, … et de son dernier CD… Il est récemment devenu le chef du « Brave », groupe culturel afro-américain, au nom duquel il s’est profondément engagé à transformer les politiques d’identité, telles qu’elles sont utilisées dans la musique. Il « décolonise le son », remet en question les idées reçues, codifie une nouvelle tradition, crée un ensemble national de rythmes, synergie entre les rythmes ouest-africains, ceux des autochtones des milieux africains et caribéens et les formes modernes actuelles de musiques urbaines.

Les soufflants, brillants, lancent la rythmique. Le piano roule, flanqué de la batterie, puis tous s’exclament. Le sax est à l’honneur, sensible, très applaudi.

Suivra un morceau très sérieux où Christian nous engage à apporter de la considération à tous, de les traiter personnellement avec amour. Force et tendresse, effervescence des percussions, la mélodie éclate ! Les applaudissements retentissent !

 

Vous l’aurez compris, pour Christian Scott, le message est très important, la musique aussi. Mais pas de réponse à notre demande de rappel, c’est bien dommage ! La dédicace des CD en vente à la sortie était sans doute plus urgente.

 

Weedie Braimah : percussions ; Laurence Fields : piano ; Corey Fontville : batterie ; Max Mucha : contrebasse ; Logan Richardson : saxophone alto ; Christian Scott aTunde Adjuah : trompette, bugle inversé, sirenette (instrument inventé avec son frère, mixte entre le cornet, le bugle et la trompette)

 

 

Ont collaboré à cette chronique :

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